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Wilkinson a soigné sa sortie

Jonny Wilkinson (Toulon)

Jonny Wilkinson (Toulon) - -

Auteur de presque tous les points de Toulon samedi soir, Jonny Wilkinson aura été le grand bonhomme de la finale de Top 14 gagnée contre Castres (18-10). Une sortie de gala pour l’Anglais, qui conclut sa carrière de manière majuscule.

Il y a des signes qui ne trompent pas. Aussitôt la victoire contre Castres entérinée (18-10), tous les joueurs du RCT, titulaires comme remplaçants, se sont précipités sur lui. Le Brennus ? Non. Ça, ce sera pour plus tard. Mourad Boudjellal, leur président ? En larmes, ce dernier aura bien pris dans ses bras quelques-uns de ses protégés. Leur entraîneur alors, Bernard Laporte ? Non plus. C’est auprès de Jonny Wilkinson que les Rouge et Noir iront s’agglutiner. Le héros de la soirée. Le héros du doublé H Cup-Top 14 réalisé par le RCT. Le héros de Toulon, tout simplement.

Toujours stoïque, l’ouvreur anglais ne craquera pas. Même au moment de converser un brin avec son président, le visage encore humide de larmes, lui. Même en multipliant les accolades avec ses partenaires. Et même en soulevant ce fameux Bouclier de Brennus – son 11e titre en 17 ans de carrière ! -, attendu par tout le peuple toulonnais depuis 1992. Et depuis cinq ans pour lui. Il n’empêche : l’émotion ne quittera jamais son regard. Ni ce sentiment de fierté. Celui d’un homme qui « a bien fait le job » jusqu’au bout. Lui qui était arrivé en 2009 sur la Rade en provenance de Newcastle, l’esprit perclus de doutes et le physique rendu fragile par des blessures à répétition. « Il est admiré en Angleterre mais il a acquis une autre dimension en venant en France, concède Richard Pool-Jones, ex-international anglais consultant rugby pour RMC Sport. La France lui a fait du bien, on l’a vu souriant, détendu et il arrive à la fin d’un voyage. »

Pour sa dernière, il met Kockott au pas

Stakhanoviste forcené du rugby, « Wilko » avait mis un point d’honneur à ne pas se rater face à Castres. L’homme ne voulait pas se manquer lors du dernier grand rendez-vous de sa carrière. « Cela a été toujours important pour moi de jouer chaque match comme le dernier de ma carrière mais cette fois, cela va être complètement vrai » confiait-il avant la rencontre. C’est un véritable combattant qui s’est livré face aux Castrais, assurant son lot de plaquages et montrant la voie aux siens, grâce à un coup de botte toujours aussi chirurgical. Trois pénalités, un drop : s’il aura laissé le soin à Delon Armitage de s’essayer avec bonheur de loin, Jonny Wilkinson aura pratiquement tout fait au CO. Surtout, une semaine après Owen Farrell, c’est Rory Kockott (2/5 au pied, 40 % de réussite) qui aura eu droit à une leçon grandeur nature de réalisme de la part du maitre. Celui qu’il avait pourtant dominé dans le même exercice un peu plus tôt…

« Il l’avait annoncé, il l’a fait, il a été l’homme-clé de cette finale, relève notre autre consultant rugby, Denis Charvet. Il était là dans les moments importants du match pour mettre trois points par-ci, par-là et ce n’était pas évident. Les Toulonnais étaient plus frais et préparés que l’an passé. » Wilkinson l’était assurément avant cette finale. L’homme aux 1246 points en 91 capes sous le maillot anglais (deuxième meilleur marqueur de l’histoire à l’international derrière le Néo-Zélandais Dan Carter) n’a pas failli à la tâche, au moment où Toulon comptait sur lui pour prendre sa revanche sur Castres. A l’heure pour lui, également, d’effacer son duel manqué un an plus tôt face aux perches avec Kockott. La page ne pouvait pas mieux se tourner.

Tout comme l’ensemble du RCT, les supporters des Rouge et Noir ne se tromperont pas au moment des honneurs. Alors que Christophe Berdos venait de siffler la fin de la rencontre, c’est en chœur qu’ils ont entonné « God save The Queen ». Nul doute que le reste de la soirée devrait être marquée du sceau de l’hommage pour la star anglaise. « Quand on gagne une finale, c’est deux-trois jours de joie. Quand on perd une finale, on y pense pendant toutes les vacances, pendant des mois. Si Jonny perd cette finale, lui il y pensera toute sa vie », assurait Mourad Boudjellal. Mais cette finale, Sir Wikinson ne l’a pas perdue. Et on peut parier que le gamin de Frimley, qui devrait tout de même prendre une… licence l’été prochain avec Toulon et rejoindre l'encadrement varois, y pensera plus que deux ou trois jours.

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A.D