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Yann Roubert (LOU): "Il faut avancer et abandonner ces querelles de personnes"

Yann Roubert (à droite), président du LOU

Yann Roubert (à droite), président du LOU - AFP

Le président du LOU Yann Roubert est clairement satisfait des propositions annoncées ce mardi par la Ligue Nationale de Rugby, et il estime que la FFR devrait aussi s’en réjouir. Explications pour RMC Sport sur ce dossier mais aussi sur le cas de Virimi Vakatawa.

Yann Roubert, le LOU a indiqué dans un communiqué ne pas avoir proposé d’offre à Virimi Vakatawa, sous contrat avec la Fédération. Mais êtes-vous malgré tout intéressé par son profil?

Oui, mais il a pour l’instant une situation qui ne lui permet pas de signer avec un club. Nous n’étions pas le seul club intéressé voilà quelques mois, car Bordeaux-Bègles, Toulon et le Racing étaient aussi sur le coup, mais surtout la fédération qui avait remporté sa décision. Et aujourd’hui ce n’est possible pour nous de le signer vu son contrat.

Avez-vous récemment rencontré Vakatawa?

Non, nous n’avons pas eu le moindre contact avec le joueur depuis la fin de saison dernière, pas plus qu’avec ses agents. Nous avons noté la volonté de la fédération qu’il joue dans un club mais le préalable est que sa situation contractuelle le permette.

Avez-vous entamé des discussions avec la FFR pour débloquer cette situation?

Il faut d’abord que la Fédération et la Ligue trouvent un accord sur le fonctionnement des joueurs, notamment des internationaux. Virimi Vakatawa est un cas particulier car son statut de joueur fédéral ne lui permet de jouer pour un club. C’est évidemment un préalable à tout intérêt. On connait le joueur. Il est bon. On a eu un vrai intérêt l’année dernière. Pour discuter, il faudrait une situation contractuelle claire qui autorise le fait qu’il puisse jouer dans un club. C’est pour ça que nous ne pouvons pas effectuer d’offre, c’est même absolument inenvisageable tant qu’il est sous contrat fédéral.

Justement, Bernard Laporte et la FFR veulent développer ces contrats fédéraux pour une quarantaine de joueurs…

Oui, mais l’intérêt est que les joueurs sous contrat en club puissent être mis à la disposition de l’équipe de France pour avoir le temps de se préparer. Cela doit aller dans ce sens. La LNR a fait aujourd’hui des propositions qui peuvent permettre à la Fédération de dire un « merci » à la Ligue. Bernard Laporte avait annoncé vouloir mettre 12 millions d’euros sur ces contrats fédéraux, tant mieux si cela libère cette enveloppe pour le rugby amateur et la formation. Je ne sais pas si juridiquement les contrats fédéraux sont de toute façon faisables. La convention collective du rugby prévoit en effet que les joueurs ne doivent avoir qu’un seul employeur, les clubs et la Fédération uniquement pour Virimi Vakatawa. Mais pas les deux.

Le rugby français est très divisé sur ce sujet avec une grosse querelle entre la LNR et la FFR…

Ces situations de blocage ne servent absolument pas l’intérêt général du rugby. Les propositions annoncées mardi par la LNR vont dans le bon sens et sont une invitation à se remettre autour de la table pour parler enfin de l’intérêt général du rugby. Il faut avancer et abandonner ces querelles de personnes.

Soutenez-vous clairement Paul Goze?

Oui, il est le président de la LNR et le représentant des clubs. Mais je soutiens aussi l’équipe de France et tout simplement le rugby. Je suis ravi des propositions qui ont été faites ce matin par la LNR. Si la fédération peut dépenser « un merci » qui ne fera de mal à personne plutôt que 12 millions d’euros pour les contrats fédéraux, tant mieux. Profitons des gestes que sont prêts à faire les clubs pour le rugby amateur avec les indemnisations de formation. Il y a une volonté d’ouverture de la LNR et il ne faut plus perdre de temps, discuter et saisir la perche qui est tendu. Encore une fois, un merci ne fera de mal à personne. On doit revenir à ce qui est bon pour le rugby et l’équipe de France et ne pas savoir qui est le chef ou le patron. Ce n’est pas ça qui compte.

Avez-vous rencontré Bernard Laporte?

Oui, avec plaisir. On a deux présidents complètement légitimes avec Bernard Laporte et Paul Goze. Et la responsabilité collective est de servir l’intérêt général du rugby et de tous les rugbys, pas celui de la Fédération ou de la Ligue. Il faut travailler main dans la main.

Jean-François Paturaud