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Bastareaud, enfin prêt pour les Bleus

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Trois ans après sa dernière apparition en Bleu, Mathieu Bastareaud fêtera sa 10e cape avec l’équipe de France à Rome dimanche (16h) face à l’Italie. Un retour qui vient consacrer une mue opérée depuis son arrivée à Toulon à l’été 2011.

Cette année, Mathieu Bastareaud a le droit au scooter pour se rendre chaque jour au centre d’entrainement toulonnais de Berg. Une révolution pour « Basta », condamné jusqu’alors à utiliser sa bicyclette depuis son arrivée sur la rade en juin 2011… Sous ses airs de gros nounours un peu pataud, Bastareaud est resté un gosse qu’il faut sans cesse cadrer. Mais à 24 ans, celui qui rechignait à satisfaire les obligations inhérentes à un joueur de rugby pro, est enfin entré dans le monde des adultes. Une longue discussion avec Bernard Laporte cet été a servi de déclic. Bastareaud s’est mis à bosser. Et à force de concasser les défenses de Top 14, il a convaincu Philippe Saint-André de faire appel à lui, trois ans après sa dernière convocation en bleu.

Lassé de l’irrégularité, notamment alimentaire, du prodige, l’ancien sélectionneur Marc Liévremont avait dit stop après un match face à l’Angleterre le 20 mars 2010 (12-10). Un peu moins de trois ans plus tard, c’est sur sa forme que Saint-André l’a retenu. « Mathieu fait de bons matchs avec Toulon. Il a fait une très bonne séance, dimanche, déclarait PSA en début de semaine. Il a peut-être gagné sa place dans les 23 cet après-midi-là. » Une convocation qui a surpris le principal intéressé. « Je ne m’y attendais pas forcément, a reconnu Bastareaud. Je pensais qu’il allait miser sur la continuité après la tournée. C’est une chance, à moi de la saisir. Je reste les pieds sur terre. J’ai encore beaucoup de boulot à effectuer. »

« Je n’étais pas mûr »

Travail, persévérance, humilité… Des mots que viendraient presque à rabâcher le centre surdimensionné. Le signe, surtout, de la maturité : « J’ai grandi, beaucoup de choses ont changé dans ma vie personnelle et professionnelle. Je positive beaucoup plus. J’ai fait beaucoup de tri dans mon entourage. Je me suis rendu compte que je n’allais pas dans la bonne direction. » Sur ses années sans, il dresse un constat sans concession. « C’est du temps de perdu. Il fallait que je me mette en tête qu’il fallait faire des sacrifices. Je n’étais pas mûr. Ca a mis trois ans à rentrer dans ma tête. »

Bastareaud a appris à se faire mal aux entrainements. Il a banni de son frigo les sodas et les hamburgers. Et il est redevenu le bulldozer du rugby français qui faisait fantasmer la France de l’ovalie à ses débuts. Dimanche face à l’Italie, il ne devrait pas débuter au centre de l’attaque tricolore. En pole dans l’esprit de Saint-André, la paire Fritz-Mermoz a fait ses preuves lors des tests d’automne. Mais il devrait rentrer pour jouer les « impact player » en fin de match. Un rôle taillé sur mesure pour ce joueur définitivement hors-norme.