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Dusautoir : « Je ne donnais pas une image assez forte de chef »

Thierry Dusautoir en compagnie d'Emile Ntamack, entraîneur des lignes arrière de l'équipe de France

Thierry Dusautoir en compagnie d'Emile Ntamack, entraîneur des lignes arrière de l'équipe de France - -

Avant l’annonce, ce mercredi (12h), du groupe qui débutera le Tournoi des VI Nations, le troisième ligne toulousain se livre comme jamais. Il fait son autocritique et réaffirme sa volonté d’être le capitaine des Bleus en cette année de Coupe du monde.

Thierry Dusautoir, après la tournée d’automne, vous êtes entré dans un tourbillon médiatique de reproches. Comment l’avez-vous vécu ?

Ce n’est pas évident. On n’est jamais trop préparé à ce genre de choses. Ça aurait pu être prévisible après les différentes défaites de l’équipe de France, d’un malaise récurrent et des contreperformances qui duraient depuis juin 2010. J’ai pris des coups, mais une fois le côté désagréable passé, il faut analyser les choses, écouter les reproches et savoir aller de l’avant. C’est l’option que j’ai choisie. J’ai écouté. J’ai validé certaines choses et laissé d’autres critiques sur le côté car je ne les estimais pas fondées. J’ai aujourd’hui envie d’amener l’équipe de France où elle doit aller.

Quelle conclusion en avez-vous tirées ?

Que je ne donnais peut-être pas une image assez forte de chef. Je n’aime pas forcément m’imposer par la parole, mais par les actes. Le fait de ne pas être aussi présent sur la scène médiatique dans des moments difficiles des Bleus, ça peut coûter cher et engendrer des malentendus.

Avez-vous été en relation avec Marc Lièvremont ?

Un peu moins ces derniers temps, mais on a beaucoup échangé après la défaite. Je ne peux pas dire que les choses soient rentrées dans l’ordre. J’attends le début du tournoi. En tout cas, entre nous, les choses sont claires et ont été dites. On est conscient qu’il faut avancer.

Avez-vous eu peur que s’installe une incompréhension ?

Bien sûr. Quand les choses vont mal, les points négatifs ressortent. Ça intéresse plus que les points positifs. Il peut y avoir de l’incompréhension, des disputes, des colères. Il faut être clair avec son interlocuteur. C’est ce qu’on a su faire. Il faut maintenant le voir sur le terrain et avec l’ensemble de l’équipe.

« J’ai rarement ressenti une telle pression »

Votre relation a-t-elle changé ?

Nous étions assez proches, mais il attendait de moi plus d’échanges. C’est aussi dû à ma personnalité, au fait que je ne cherche pas forcément à communiquer.

Allez-vous disputer le Tournoi de la rédemption ?

Je ne sais pas si on a besoin de se faire pardonner pour être champion du monde. On a besoin de se retrouver en tant qu’équipe, classifier notre jeu. Même si les résultats ont été mauvais ces derniers temps, tout n’est pas à jeter. On a quand même réussi un Grand Chelem. On l’a fait. On a battu des équipes qui sont portées aux nues par tout le monde après les tournées. On a les capacités de jouer aussi bien que l’Angleterre, mais ça demande du travail.

Ressentez-vous une pression particulière ?

C’est inévitable. Il y avait pas mal de pression pendant la tournée d’automne. Je l’avais rarement ressenti à Marcoussis et dans les journaux. Mais tout s’explique. On est passé entre les gouttes cet été car l’équipe de France de foot faisait pire que nous. Mais les observateurs n’ont pas oublié la mauvaise tournée d’été. On nous attendait au tournant et ça n’a pas loupé. Tout le monde attend la réaction de l’équipe de France pendant le Tournoi. J’ai de l’ambition et je veux me montrer une autre image.

Serez-vous le capitaine de l’équipe de France en Nouvelle-Zélande ?

Normalement oui. Si je participe à la Coupe du monde, je serais capitaine. Ce n’est pas une envie. Je suis déterminé à gagner. Si demain on ne sait pas pourquoi et si le capitanat m’échappe, ce n’est pas le plus important. J’ai été conforté dans cette mission par Marc. Il aurait pu me dire que j’ai fait mon chemin et que je passe le brassard, mais il a continué à avoir confiance en moi. Il voit en moi les qualités d’un capitaine.

Recueilli par Wilfried Templier à Toulouse