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Dusautoir : « On a autre chose dans le moteur »

Thierry Dusautoir

Thierry Dusautoir - -

Avant le dernier match du Tournoi des VI Nations ce samedi face à l’Ecosse (21h), Thierry Dusautoir ne cache pas sa frustration. Le capitaine du XV de France estime que son équipe n’a montré qu’une infime partie de son potentiel.

Thierry, est-ce important de terminer ce Tournoi sur une bonne note ?

Oui, c’est important de bien terminer ce Tournoi, surtout à Paris, devant notre public. On aimerait tous sortir avec le sourire et sous les applaudissements du Stade de France. C’est un mauvais Tournoi. Finir 5e ou 6e, ça n’intéresse personne, comme ça les choses sont claires. Mais finir sur une bonne note ferait du bien à tout le monde.

La frustration était-elle grande cette semaine ?

Il y a la frustration de ne pas valider tout ce qu’on a pu faire de bien pendant toutes ces semaines et de toujours donner cette impression de ne pas maîtriser notre sujet. On a autre chose dans le moteur, on peut montrer autre chose. Le premier match, on a été pris par meilleurs que nous (défaite 23-18 en Italie) et on est passé à côté. Mais sur les matchs de l’Angleterre (23-13) et de l’Irlande (13-13), on aurait pu aller chercher un autre résultat.

Envisagez-vous le scénario catastrophe ?

Non, même en Irlande personne n’y a pensé. A la mi-temps, on s’est fait bouger par les entraîneurs, à juste titre, mais la performance est importante. Je ne sais pas si beaucoup d’équipes ont pu remonter comme ça une équipe d’Irlande en deuxième mi-temps. J’ai entendu parler d’un quart d’heure mais ça a été 40 minutes pleines défensivement. Revenir comme ça, ça montre que l’équipe a les capacités pour faire de gros matchs.

Estimez-vous que l’équipe d’Ecosse a évolué cette année ?

Ils ont évolué. Ils jouent moins à tout-va comme ils pouvaient le faire les autres années. Ils s’appuient plus sur leur jeu au pied, sur une conquête performante. Ils sont rentrés dans le moule et pratiquent un rugby plus « traditionnel ». Ils marquent l’essentiel de leurs points sur les contre-attaques et ils ont vraiment un sens de l’adaptation important.

« Aujourd’hui, le capitaine, c’est Pascal Papé »

Vous sentez-vous redevable du public, qui vous a toujours suivi ?

Le public continue à nous suivre, on a pu s’en rendre compte en Irlande. Il y avait énormément de Français avec nous. Nos supporters savent très bien que le parcours d’une équipe n’est pas linéaire, c’est quand même du sport. Ils sont là dans les mauvais moments pour mieux partager les bons. On a surtout envie de leur offrir quelque chose de sympa. Ils vont venir braver le froid pour nous supporter, donc ce serait bien que tout le monde reparte content et avec le sentiment d’avoir pris du plaisir.

Estimez-vous que les plus jeunes du groupe ont les capacités pour gagner la Coupe du monde ?

Bien sûr, c’est un groupe qui en est tout à fait capable. Mais pour ça, il faut aussi passer par ces expériences-là, que le groupe prenne confiance en lui et qu’il apprenne à prendre des coups. Jusqu’à présent, on ne lui lançait que des fleurs donc maintenant, il sait que la vie en équipe de France, ce n’est pas que les bons moments. La capacité d’aller en finale et de la gagner, ce groupe l’a complètement.

Allez-vous accompagner ce groupe jusqu’en 2015 ?

En tout cas, j’ai l’ambition de faire partie de l’équipe. C’est un travail qu’il va falloir que je fasse. Il va falloir prouver à chaque sortie et on verra bien. En ce qui concerne le brassard, ce n’est pas quelque chose que je décide. Aujourd’hui, le capitaine, c’est Pascal (Papé) et quand il reviendra, il reprendra sa place et son brassard.

Propos recueillis par Laurent Depret