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France-Galles : malheur au vaincu…

Michalak emmène le groupe France

Michalak emmène le groupe France - -

Mal en point, le pays de Galles vient au Stade de France, ce samedi (18h), avec un impératif de victoire. Malgré une belle tournée d’automne, le XV de France de Philippe Saint-André risque lui gros en cas de nouvelle contre-performance.

Ces deux-là se connaissent par cœur. La France et le pays de Galles s’affrontent ce samedi (18h) pour un choc qui s’annonce sans retenue. L’an dernier, les Diables Rouges avaient validé leur Grand Chelem, le 11e, en dominant sans partage des Bleus (16-9) qui n’avaient plus rien à jouer. Quelques mois plus tôt, à la Coupe du monde, la bande à Lièvremont avait arraché avec les ongles son billet pour la finale au nez et à la barbe de son adversaire (9-8). Samedi, les deux équipes se retrouvent, embarquées chacune dans une opération rachat, sans autre issue que la gagne. Le XV du Poireau, privé de son capitaine emblématique Sam Warburton, reste sur huit matches sans succès. Des défaites souvent concédées de peu, mais le bilan est bien là. Et peu glorieux. « Je n’aimerais pas être Gallois », résume Frédéric Michalak.

Sauf que côté français, l’heure est aussi à la mobilisation générale après le revers en Italie (23-18) de la semaine dernière. Les Bleus restent sur une tournée de novembre convaincante avec trois succès dont un acquis sur leur bête noire, l’Australie (33-6). Mais dans le Tournoi des VI Nations, le parfum de la victoire remonte à un Ecosse-France (17-23), du 26 février 2012. Quatre matches sans lever les bras au ciel… Alors oui, ces Gallois fouleront la pelouse du Stade de France le « couteau entre les dents », selon le mot de Philippe Saint-André, mais les Bleus n’ont pas intérêt à y aller la fleur au fusil. L’équipe de France s’est d’ailleurs montrée très travailleuse cette semaine à Marcoussis, consciente de s’être pris les pieds dans le tapis romain.

Forestier : « Ne pas leur ch… dans les bottes »

L’appel à la rébellion a été lancé dès dimanche et lundi, après les séances vidéo. On veut du « féroce ». Mathieu Bastareaud a été appelé pour mener la charge. Mais Thierry Dusautoir est lucide. Les tripes ne suffiront pas face au jeu rapide à une passe des Diables. « Il nous faudra revenir à la rigueur et au collectif, ce qu’on a oublié de faire pendant vingt minutes contre les Italiens » rappelle le capitaine. C’était au menu des séances de travail concoctées par Philippe Saint-André. Les joueurs savent à quoi s’en tenir. Le staff les a reconduits pour mieux les mettre face à eux-mêmes. Cadeau à double tranchant. Benjamin Kayser : « On a un contrat moral ». Dimitri Szarzewski : « On ne peut pas les décevoir deux fois ». Yannick Forestier, pilier fleuri : « Pardon mais,… on ne peut pas leur ch… dans les bottes (du staff) ».

Une contre-performance mettrait la France dans un vilain pétrin. Entamé cet été en Argentine, le travail de construction du groupe pour la Coupe du monde 2015 serait saboté. Le triumvirat Saint-André - Bru - Lagisquet, questionné sur sa gestion. L’ancien technicien de Biarritz le concède. « J’envisage toujours les scenarii les plus noirs mais je préfère les garder pour moi. On a un groupe qui fonctionne à réaction et j’ai l’impression qu’on y est confronté comme tous les autres qui se sont occupés de l’équipe de France. » Quatre-vingt minutes pour écrire la suite ou pour faire bégayer l’histoire. Faire ou défaire. « La défaite est révélatrice », annonce Dusautoir.

Louis Chenaille (avec L.D., A.A.)