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L’Angleterre ouvre le festival

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On annonçait l’Angleterre favorite et les Diablotins rouges sur le déclin. Impressions confirmées vendredi soir (19-26) sous le toit du Millenium de Cardiff en ouverture du tournoi des VI Nations.

La foule a grondé, encouragé ses protégés à se rebeller sans cesse, jusqu’à la fin. Un peu par une naïveté qu’on ne leur connait pas, les Anglais n’ont pas su sceller plus tôt le sort d’un match dont ils ont tenu les rênes de bout en bout, toujours à portée d’une flèche galloise, à l’image de l’essai de Stoddart qui a relancés les locaux à l’heure de jeu. Mais les joueurs de Warren Gatland, aussi enthousiastes que maladroits, ont fini par rendre les armes. Têtes hautes.

L'Angleterre était trop forte

En rugby aussi, la logique peut être implacable. Plus réaliste, mieux organisé, porté par une conquête en démonstration et un Chris Ashton aux guibolles de feu, auteur des deux essais des siens, le XV de la Rose a dominé son sujet provincial. Personne ne lui contestera ça. Mais Martin Johnson aurait bien aimé voir ses joueurs se mettre à l’abri bien avant le coup de sifflet final et libérateur. Ce n’est pas la faute de Toby Flood, qui prive Jonny Wilkinson d’une place de titulaire et qui a presque tout réussi vendredi soir, au pied ou à la main, lui qui est à l’origine du premier essai (15e). Non, pour trouver le coupable, il faut chercher du côté d’une certaine indolence au moment de conclure et de l’énergie déployée par le XV du Poireau. A moins que la Rose n’ait voulu attiser l’audience d’un Prime-Time en gardant le suspense intact.

Jamais l’écart ne s’est réellement creusé. A chaque coup dur, le public de Cardiff a apprécié la réaction de ses joueurs. Revenus à quatre petites longueurs à dix minutes de la fin, ils ont espéré et tenté jusqu’au bout. L’Angleterre était trop forte, tout simplement. Et elle pourrait bien fanfaronner en tête de l’épreuve encore quelques temps, elle qui va recevoir à présent deux fois à Twickenham, l’Italie d’abord, la France ensuite. On en saura davantage à ce moment-là. Pour le pays de Galles, avec deux déplacements de rang à venir, il s’agit déjà de sauver ce qui peut l’être.

Silvère Beau