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Les Bleus voient plus haut

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Après s’être rassuré face à l’Ecosse, le XV de France doit désormais hisser son niveau de jeu pour répondre au choc irlandais dimanche (16h) et tourner définitivement l’épisode australien. D’autant que dans le même temps, l’Angleterre a impressionné contre l’Italie (59-13).

« J’aimais bien le vieux Lansdowne Road. J’aimais bien son nom. L’Aviva Stadium, ça m’embête un peu. » On l’aura compris, Marc Lièvremont n’est pas fan du nouvel écrin du XV du Trèfle, que ses joueurs et lui-même exploreront en long, en large et en travers à l’occasion de la deuxième levée des VI Nations. « Au-delà du nom, qui compte peu quelque part, ce match marquera les retrouvailles du XV irlandais avec son public. Les joueurs seront très motivés, c’est certain. » Le sélectionneur français connaît la chanson. Poussifs une semaine plus tôt en Italie (11-13), les joueurs de Declan Kidney doivent une revanche à leur public. Cela tombe bien, puisque dans le camp d’en face, les Bleus doivent à leurs supporters une confirmation.

Car tout n’a pas été parfait contre l’Ecosse. Il y a eu le succès (34-21), c’est vrai, important pour effacer des têtes la déculottée enregistrée fin novembre devant l’Australie (16-59). « Bon au teston » comme le soulignait dans la foulée du match l’ancien sélectionneur Bernard Laporte. Mais également un chapelet d’imperfections. Dans l’animation offensive d’abord. Notamment une défense à revoir, suite aux trois essais encaissés samedi dernier. « C'est le gros point noir du match », lâchait d’ailleurs François Trinh-Duc, bien conscient avec le reste de ses camarades des progrès à accomplir. Et du virage à bien négocier.

Comme en 2007 ?

Samedi dernier, la victoire était impérative. Ce dimanche, la manière le sera tout autant face à un adversaire au jeu bien différent de celui pratiqué à Saint-Denis par les Ecossais. Déjà un tournant l’Irlande ? « Ça peut être un déclic si on s'en sort bien », juge Morgan Parra. A condition de s’adapter au scénario qu’imposeront les locaux. « Ce sera un match plus stratégique, plus posé que celui que l’on a disputé contre l’Ecosse, prévient le capitaine des Bleus, Thierry Dusautoir. Les Irlandais se baseront sur leur point fort : la conquête. » La touche aussi. Et des hommes rompus aux joutes du haut niveau comme Gordon D’Arcy, Paul O’Connell, Brian O’Driscoll, O’Callaghan, Peter Stringer et Ronan O’Gara. Les héros, certes vieillissants, du Grand Chelem réalisé en 2009.

« On a le statut de tenant du titre mais je ne pense pas qu’on ait un jeu suffisamment en place pour battre l’Irlande, craint l’ancien international Thomas Lombard. On a le potentiel mais pas le jeu. En plus, l’équipe d’Irlande récupère Jamie Heaslip. Au mieux, je vois un match nul. » Heureusement, l’histoire récente des confrontations entre les deux nations se veut plus favorable à une performance des Tricolores en Irlande. Lors du dernier tournoi, les Bleus avaient mis fin à un an et demi d’invincibilité du Trèfle. Deux ans plus tôt, la France gâchait l’inauguration de Croke Park (20-17). Bis repetita dimanche ?

Alix Dulac avec Laurent Depret à Dublin