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Matés par la Rose

Vincent Clerc, très actif contre les Anglais

Vincent Clerc, très actif contre les Anglais - -

Promise à une correction contre l’épouvantail anglais, l’équipe de France ressort de cette 93e confrontation face au XV de la Rose avec des motifs d’espoir malgré la défaite (17-9). Il faudra maintenant gommer les imperfections qui subsistent pour espérer viser plus haut.

Les espoirs de Grand Chelem étaient minces. Ils se sont désormais envolés dans le ciel anglais. Battue par le XV de la Rose (17-9) ce samedi à Twickenham, la bande à Marc Lièvremont s’est inclinée pour la première fois dans le Tournoi depuis la claque infligée par ces mêmes Anglais il y a deux ans (34-10). Mais si les Bleus avaient semblé complètement dépassés lors de leur dernière visite dans la mythique enceinte londonienne, ils ont bien mieux résisté cette année. Comme si ce revers avait matière à tranquilliser un groupe en plein doute depuis la tournée d’automne, et que deux victoires poussives acquises en Irlande (25-22) et contre l’Ecosse (34-21) avaient à peine rassurés.

Dès les hymnes, le ton est donné. Sébastien Chabal, mais surtout Dimitri Yachvili, en vieux grognards, n’attendent plus pour en découdre. Et la première charge d’Imanol Harinordoquy sur le coup d’envoi laisse penser que ces Bleus là n’ont pas l’intention de se laisser marcher dessus. Eux qui ont encaissé treize essais lors de leur trois dernières sorties (Australie, Ecosse et Irlande) se savent attendus au tournant. Le début de la rencontre se limite d’ailleurs à un duel de buteurs. Dimitri Yachvili d’un côté et Toby Flood de l’autre pour un score de 9-9 à la mi-temps. « Ça été une partie acharnée qui se joue à pas grand-chose, peste le demi de mêlée du BO. On a montré une image positive, avec de la solidarité. Il manque ce petit essai. Nous n’avons pas trop de chance, mais la solidarité est présente. »

Laporte : « Rassurant et désolant »

Les Français massivement représentés dans les tribunes se prennent même à rêver et reprennent la Marseillaise au nez et à la barbe de leurs homologues anglais particulièrement chambreurs. Mais le début de deuxième période des Anglais restera longtemps en travers de la gorge des visiteurs. Non seulement parce qu’ils encaissent le seul essai de la rencontre par Ben Foden (42e) mais surtout parce qu’ils ont laissé filer leur chance avant la pause. Clerc sur un coup de pied par-dessus de Trinh-Duc, puis Huget sur son aile ou encore Servat sur une combinaison en touche affolent tour à tour la défense anglaise. Sans succès. Menés au score toute la rencontre, ces Français ont plus réagi qu’agi. « Les Français ont montré qu’ils pouvaient être à la hauteur des Anglais en pleine progression. C’est rassurant et désolant à la fois car nous étions partis pour gagner », note Bernard Laporte.

L’ancien entraîneur des Bleus aura noté l’énorme action de Rougerie, parfaitement lancé mais incapable d'aplatir après le retour de son défenseur, mais aussi et surtout les trop nombreuses fautes de main, une mêlée qui a eu du mal à se mettre en marche et une indiscipline qui resurgit au moins bon moment. Contre des Anglais que tout le monde place sur un piédestal, la défaite de huit points n’a rien d’infamante. Elle pourrait même être porteuse d’espoirs si cette équipe parvient à retenir le meilleur de cette rencontre, tout en gommant des détails cruciaux à ce niveau. Les matchs en Italie (12 mars) et contre le pays de Galles (19 mars) pour la place de deuxième du Tournoi apporteront les derniers enseignements.

Pierrick Taisne avec L.D. et J.R. à Londres