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Saint-André : « On va dans le bon sens »

Philippe Saint-André

Philippe Saint-André - -

Du nul arraché en Irlande (13-13), Philippe Saint-André préfère retenir le positif, à savoir une deuxième mi-temps où les Bleus ont su revenir au score, alors qu’ils étaient menés de dix points. Selon lui de bon augure, avant d’affronter l’Ecosse samedi, à Paris.

Philippe Saint-André, ce point du nul arraché en fin de match, sonne pour vous comme le point de la reconstruction ?

Pas de la reconstruction, non. On construit depuis la tournée en Argentine. Avec un même groupe. On a eu un mois de novembre très positif, un début de VI Nations catastrophique. Mais c’est aussi dans les moments comme ça que tu apprends de ton entourage, de ton groupe, de tes joueurs, de ton staff, qui reste solidaire. Même du comité directeur de la Fédération, qui reste à 100% derrière nous.

Quel est votre sentiment après ce match ?

Déjà, on ne jouera pas pour la cuillère de bois. Après, on va parler du verre à moitié vide et à moitié plein. On fait une première mi-temps très mauvaise. Avec l’appui du vent, on a été mauvais dans l’alternance, on a manqué de férocité dans le combat, on n’a pas su arrêter leurs ballons portés, on n’a pas été agressifs du tout. Et puis une deuxième période contre le vent, à 13-3, où on est agressifs, positifs, réactifs. On revient dans la partie, à la fin les joueurs veulent même essayer de gagner, le nul ne leur suffit pas, ça montre leur état d’esprit. On veut construire sur cette deuxième mi-temps. Pour faire un match non pas de 40 minutes mais de 80 minutes de cette intensité, à domicile, devant notre public, contre les Ecossais. Je félicite le public français, avec 15 000 personnes dans le stade, sous la pluie, qui ont été derrière nous, qui n’ont rien lâché, qui ont aussi chanté la Marseillaise. Je félicite mes joueurs pour la deuxième mi-temps. Mais ils savaient déjà à la mi-temps que je n’étais pas satisfait de la première.

Les joueurs ont parlé d’une « bonne saucée » à la pause…

Un petit peu, c’est sûr… Quand en plus tu joues avec le vent, tu dois occuper, être agressif, monter très vite. Leur 9 et leur 10 ont joué dans un confort absolu. On ne leur a mis aucune pression et eux ont été très bons dans l’occupation du terrain. Bizarrement, en deuxième mi-temps, c’est le contraire. On les a mis à la faute, on les a mis sous pression, on a commencé à avancer dans les duels, dans le combat. Ce que j’ai dit aux joueurs, c’est qu’ils sont capables de revenir dans un match très compliqué. 13-3 contre le vent, avec beaucoup de pluie, en Irlande, ça veut dire qu’on a des valeurs. Je crois en ce groupe. Notamment en Michalak, qui loupe deux pénalités faciles en première mi-temps mais qui a le coffre et la force mentale de réussir la transformation du nul. On leur fait confiance, on est derrière eux. J’ai envie qu’ils se libèrent et donnent 80 minutes de grande qualité samedi à domicile.

« Plus c’est difficile, plus c’est bon »

Peut-on dire aujourd’hui que l’équipe de France, toujours dernière au classement, n’est pas à sa place ?

Non, on est à notre place, après trois défaites et un match nul. Mais bon, quand tu vois les matches… surtout contre l’Italie, où tu as énormément d’opportunités et que tu n’arrives pas à tuer la rencontre. Le pays de Galles, l’Angleterre, ça se joue sur des détails. C’est ça le très, très haut niveau. On a changé 70% du groupe par rapport à la dernière Coupe du monde, on a besoin de retrouver une équipe, des leaders, de vivre des situations comme en novembre où on marchait sur l’eau, des situations comme actuellement, où c’est difficile, où il faut trouver des ressources mentales, morales. La deuxième mi-temps à Dublin montre qu’on va quand même dans le bon sens.

Avez-vous songé à démissionner ?

Les gens qui ont dit ça ne me connaissent pas, en tant que joueur et en tant qu’entraîneur. Plus c’est difficile, plus c’est bon. On ne va rien lâcher, on va bosser. Je crois en ce groupe, à son éthique. Je crois au travail. On va continuer. On a un match contre l’Ecosse, et après, quatre matches en Nouvelle-Zélande, dont trois test-matches. Et je peux vous assurer qu’on sera prêts pour la Coupe du monde 2015.

Propos recueillis par Pierrick Taisne et Wilfried Templier, à Dublin