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Six Nations : pourquoi il ne faut pas rater France-Angleterre

Des Bleus d’ores et déjà hors-course, des Anglais déjà vainqueurs du Tournoi… Le France-Angleterre de ce samedi (21h) ne sera pas décisif. Mais il n’en reste pas moins un choc car, outre pour les Tricolores l’envie de priver de Grand Chelem le XV de la Rose, les enjeux ne manqueront pas des deux côtés.

Parce que les Anglais sont impressionnants

Meilleure attaque (101 points inscrits en 4 matches), meilleure défense (49 points concédés, 4 essais encaissés) et une victoire finale déjà acquise : l’Angleterre a dominé de la tête et des épaules cette édition 2016 du Tournoi des Six Nations. Et s’il y a eu des rencontres moins fastes que d’autres (25-21 contre le pays de Galles), les Anglais impressionnent. Ils sont finalement là où Guy Novès les attendait, persuadé depuis longtemps que le XV de la Rose serait revanchard après une pénible Coupe du monde (élimination en poules).

« Honnêtement, moi je m’y attendais. Quand on voit le niveau des Anglais, individuellement et collectivement… En plus, on sait que l’Anglais est quelqu’un de très orgueilleux et revanchard, donc on savait très bien que les gars n’allaient pas en rester là. Si on n’y croit pas, il ne faut pas aller au Stade de France. On n’y va pas pour baisser la tête et ne pas relever ce genre de défi. Même si les Anglais présentent un bilan comptable exceptionnel et un rugby de grande qualité, on va tout faire pour les embêter. »

Parce que ça va équilibrer ou non le bilan de Novès

Une victoire pour éventuellement finir deuxième. Une défaite et ce sera sans doute sur la cinquième place que s’assiéront les Bleus dans ce Tournoi. Le fossé est grand. Périlleux surtout pour Guy Novès, qui devra dresser son premier bilan comme sélectionneur à l’issue du week-end. « Guy, je l’imagine tendu quand même, parce que ce sont des matches qui sont différents, assure l’ancien international Emile Ntamack. Pour sauver le Tournoi et pour montrer que cette équipe peut continuer à espérer, ce pourrait être un bon départ. »

Mais ne comptez pas sur Novès pour laisser transparaitre la moindre fébrilité. « Vous dire qu’on cherche à tout prix une victoire, parce que ça nous ferait basculer d’un côté ou de l’autre, je crois que quelles que soient les circonstances, quand les joueurs entrent sur un terrain, ils veulent gagner, souligne le technicien français. Donc le bilan, on préfèrerait en proposer un hyper-positif, il ne l’est pas, mais on est surtout là pour chercher à avancer, progresser et je ne cherche absolument aucune excuse par rapport aux résultats. »

Parce qu’il va y avoir des duels savoureux

Qui dit Crunch, dit bagarre aux quatre coins du terrain. Entre Anglais et Français, la lutte sera féroce, comme l’a d’ores et déjà glissé Guilhem Guirado en conférence de presse. « Je vous rassure, les joueurs se sont bousculés tout seuls. Et avec le retour vidéo, on a été un peu bousculés aussi inconsciemment. Donc ne vous inquiétez pas pour ça, je n’ai pas besoin d’appuyer sur le bouton, le bouton est déjà enfoncé. Il y a des matches du Tournoi des Six Nations et il y a des matches contre les Anglais, a rappelé le capitaine tricolore. Donc je vous laisse deviner l’état dans lequel on se prépare. »

Galvanisé ? Il le faudra car le match ne manquera pas de duels. On pense notamment à celui qui opposera Bernard Le Roux à Billy Vunipola. Le premier, qui adore tamponner ses adversaires. Le deuxième, prompt à casser les lignes adverses. Mais surtout au match à distance que vont se livrer Georges Ford et François Trinh-Duc, deux joueurs aimant attaquer la ligne mais dont la qualité du jeu au pied diffère grandement.

Parce que Trinh-Duc va devoir se rattraper

On aurait pu citer aussi Virimi Vakatawa, étincelant lors des deux premières sorties des Bleus avant de s’éteindre par la suite, ou la mêlée française, dont l’indiscipline a coûté cher au XV de France contre les Ecossais. Mais c’est bien vers lui que tous les regards seront tournés samedi au Stade de France. Très attendu pour son grand retour en Bleu, après les performances irrégulières de Jules Plisson, le futur demi d’ouverture de Toulon a déçu.

Si son jeu au pied avait été plus précis face aux perches, les Bleus auraient pu mener 10-0 à la demi-heure de jeu et qui sait, éviter de prendre une véritable douche écossaise dans la foulée. Bien évidemment, une nouvelle contre-performance samedi ne remettra pas en cause la confiance que lui accorde Guy Novès. Mais elle égratignera vraisemblablement le crédit dont Trinh-Duc dispose encore. Et ouvrira sérieusement la porte à la concurrence. En clair, pour lever les doutes et enfin s’offrir une place de titulaire en sélection, le Montpelliérain ne doit pas passer à côté de ce Crunch.