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XV de France - Novès : "On ne changera pas notre jeu"

Avec un bilan de deux victoires et deux défaites en quatre matches, le XV de France ne se présente pas dans les meilleures conditions avant d’accueillir l’Angleterre, qui visera le Grand Chelem, ce samedi (21h). Mais malgré ces résultats moyens, Guy Novès ne compte pas changer la philosophie qu’il essaie d’inculquer depuis sa prise de fonctions.

Guy Novès, empêcher l’Angleterre de réaliser le Grand Chelem est-ce une motivation supplémentaire ?

On ne rentre pas sur le terrain en se disant qu’on va battre les Anglais pour les empêcher de réaliser le Grand Chelem. On a envie de se faire plaisir et de faire plaisir à nos supporters en montrant une image fantastique de notre comportement sur le terrain. Rivaliser avec les Anglais, qui sont annoncés comme étant loin devant, ça c’est un but. C’est une forme d’évaluation. Même si demain on perdra des matches et après-demain on en gagnera. L’évaluation, c’est de savoir ce qu’on est capable de faire contre ce qui se fait de mieux en Europe. C’est ça qui nous anime. Après, le but de se dire qu’on finira cinquième, quatrième, troisième ou second, objectivement, ce n’est pas le but de ce Tournoi. Je l’ai dit en début de Tournoi, je ne vais pas changer. La meilleure faute (sic) que nous pourrions faire, c’est de changer notre jeu. On ne changera pas. Je suis quelqu’un de têtu.

Après leur Coupe du monde ratée, vous attendiez-vous à voir les Anglais aussi forts dans ce Tournoi des VI Nations ?

Honnêtement, moi je m’y attendais. Quand on voit le niveau des Anglais, individuellement et collectivement, qu’on voit leur parcours au niveau des clubs en Coupe d’Europe, vous n’avez qu’à voir leurs résultats. En plus, on sait que l’Anglais est quelqu’un de très orgueilleux et revanchard, donc on savait très bien que les gars n’allaient pas en rester là.

Comment expliquez-vous cette métamorphose anglaise ?

Il y a eu un changement de staff, très peu de changements au niveau de l’effectif. On savait que le système anglais est un petit peu le même : beaucoup de puissance, un bon jeu au pied et des gars qui courent comme des lapins. Donc on les connait très bien. Pour avoir un peu joué les Anglais avec le Stade Toulousain contre les Saracens, Bath, etc… ce sont les mêmes joueurs. C’est vrai que même si certains pensent qu’on n’a pas d’expérience à ce niveau, quand vous jouez des matches de Coupe d’Europe, des finales à Twickenham contre les Wasps ou autres, je pense qu’on est très proche du niveau international.

Pensez-vous votre équipe capable de battre l’Angleterre ?

Si on n’y croit pas, il ne faut pas aller au Stade de France. On n’y va pas pour baisser la tête et ne pas relever ce genre de défi. Vous dire que les Anglais sont un peu impressionnants, bien sûr qu’on a un peu cette naïveté, mais vous dire qu’on a quand même la ferme intention de les bousculer et les agresser dans le bon sens du terme, c’est sûr qu’il nous reste ça. Ce sont ces valeurs-là. Après, on verra un petit peu en fonction de la physionomie du match si l’Angleterre nous écrase ou non. Ce qui est sûr, c’est que les quatre premiers matches que nous avons joués dans ce Tournoi montrent que nous sommes très près de toutes les nations, pas du tout largués. Et même si les Anglais présentent un bilan comptable exceptionnel et un rugby de grande qualité, on va tout faire pour les embêter.

Au vu des résultats dans ce Tournoi, allez-vous modifier votre groupe ?

Ce groupe-là ne changera pas, il n’y a que la blessure qui en a écarté certains. Regardez, Wesley Fofana a été écarté sur blessure, il est revenu après. Donc le groupe que nous avons annoncé avec le staff au début du Tournoi est un groupe qui va travailler pendant quatre ans. S’il y a des joueurs qui doivent se révéler, on le verra en Argentine, puisque certains d’entre eux pourront exprimer leur potentiel. Je pense à Rémi Lamerat par exemple, si jamais il n’a pas la chance de revenir dans les six (clubs qualifiés pour les phases finales du Top 14, ndlr) , et je lui souhaite de revenir dans les six avec son club de Castres. Mais ceux qui ont un peu moins joué, comme les joueurs du Stade Français qui auront du mal à revenir dans les six, pourront de nouveau exprimer leur potentiel en Argentine. Voilà l’état d’esprit que nous avons à l’heure actuelle.

la rédaction avec Laurent Depret