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VI Nations: les Bleus n'ont pas à rougir

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Après deux victoires face à l’Italie (23-21) puis l’Irlande (10-9), la France a cédé ce vendredi au stade Millennium de Cardiff (19-10) lors de la 3e journée du tournoi des VI Nations. Le mur gallois était infranchissable. Mais les Bleus ont affiché résistance et envie jusqu’au bout.

LES TOPS

La défense

Les observateurs britanniques avaient pronostiqué une victoire d’au moins dix points des Gallois supposés plus forts, plus expérimentés. Ils avaient tort. Malgré la défaite, la France pourra repartir du Millennium de Cardiff avec quelques certitudes, défensives notamment. Sur le sujet, leur prestation en première période est un modèle. Privés de ballon, matraqués par le jeu minimaliste adverse, sans arrêt sous pression, les Bleus ont résisté, encore et encore, sans partir trop souvent à la faute. L’essai de George North (46e) est le fruit d’un jeu de circonstances malheureux. Sinon, les Bleus ont tenu.

Guilhem Guirado

Les Bleus se sont trouvés un capitaine. Déjà face à l’Irlande (10-9), le talonneur toulonnais avait porté les siens par l’exemple. Il a récidivé ce vendredi, inlassable plaqueur, toujours dans l’avancée, résistant en mêlée. Il a été récompensé par un essai en fin de match (78e), son 3e sous le maillot bleu. Sacré tempérament.

L’orgueil tricolore

Totalement dominés en première période, cueillis dès le retour des vestiaires par cet essai « casquette » encaissé, les Bleus ont ensuite su renverser la vapeur. A l’orgueil, les hommes de Guy Novès ont pris le dessus physiquement, se sont appuyés sur les entrants. Pour continuer à croire au Grand Chelem, le premier depuis 2010, il aurait juste fallu franchir davantage le mur gallois, imperméable ce vendredi malgré le toit ouvert.

LES FLOPS

Jules Plisson

Guy Novès lui accorde sa confiance. Mais pour combien de temps encore ? Tout n’est pas à raturer dans la copie du jeune ouvreur tricolore (24 ans). Sa volonté de jouer est manifeste. Mais il lui manque (pour l’instant) cette capacité à attaquer la ligne adverse. Il oublie trop souvent le pied, et quand il l’utilise, l’effet reste indolore. Et ce soir, certaines de ses erreurs ont coûté cher. Son coup franc expédié directement en touche en première période aurait dû couter trois points. Sur le premier essai gallois, il joue de malchance en remettant (du pied) le ballon dans la course de George North.

Le jeu au pied

Le mal est endémique depuis plusieurs saisons, mais le constat se confirme en ce début d’ère Guy Novès. Le jeu au pied tricolore affiche trop de limites, une déficience qui se mue en véritable handicap à ce niveau. Moins puissant, pris dans la toile de la défense galloise, le XV tricolore n’a jamais su alterner efficacement. Le pied, qui aurait pu permettre de contourner le mur rouge, n’a jamais trouvé le bon tempo, la bonne longueur, le bon angle. Les options de Jules Plisson sont en cause, mais pas que. Quelle différence entre les chandelles galloises, assorties d’une pression constante sur les Bleus, et les Françaises, souvent offrandes pour des relances tranchantes ! Il y a bien sûr dans le jeu au pied une part de talent individuel. Mais les appels, le travail collectif, les repères peuvent l’améliorer. Sacré défi pour Guy Novès.

L’incapacité à franchir

Les Bleus n’ont pas à rougir de leur engagement, loin de là. Mais il ressort de ce match, un manque flagrant de puissance à l’impact. Face aux colosses de la ligne arrière galloise, on attendait les appuis français. Ils ne sont pas arrivés, ou trop rarement, comme sur ce franchissement de Virimi Vakatawa en première période. Quand elle a avancé, la France l’a fait collectivement. Il a manqué cette étincelle, ce coup de rein qui brise le rideau. La puissance d’un Mathieu Bastareaud aurait-elle pesé dans un tel match ? Impossible à dire évidemment. Un constat s’impose néanmoins, face à la densité des défenses du rugby moderne, la créativité solitaire d’un Maxime Médard ne suffit plus.

S.R