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VI Nations : les clés d’Italie-France

Après deux défaites consécutives en Irlande et contre le pays de Galles, le XV de France se déplace en Italie ce dimanche (16h) pour retrouver un résultat positif, du jeu, de la confiance et oublier les traumatismes du passé. Pour mieux combattre sa crise du moment, quoi. RMC sport dresse les principaux enjeux de cette rencontre.

Se réconcilier avec l’histoire

Bilan historique du XV de France contre l’Italie ? 32 victoires en 35 matches. Depuis 2011 ? 2 revers en 4 rencontres. Longtemps victoire assurée pour les Bleus, croiser le XV transalpin a viré à la mission compliquée ces dernières saisons. Surtout à Rome, cadre des humiliantes défaites de mars 2011 (22-21) et février 2013 (23-18). Cela tombe mal : la rencontre de ce dimanche a lieu dans la capitale italienne, où les Français ne se sont plus imposés depuis un carton 50-8 en 2009. Si les Bleus veulent entamer un nouveau cycle, mais positif cette fois, Rome semble le lieu symbolique parfait pour ça. Là où les errances actuelles avaient commencé à exploser aux yeux des observateurs il y a deux ans.

Retrouver de la confiance… et un peu de jeu si possible

Des paroles, encore des paroles. Et toujours pas de jeu. Malgré les promesses affichées, le XV de France continue de décevoir sur ce plan depuis le début du Tournoi. La victoire inaugurale face à l’Ecosse (15-8) n’avait déjà pas rassuré. Les défaites en Irlande (18-11) et contre le pays de Galles (13-20) ont continué de faire grandir une inquiétude déjà palpable. Si la conquête et la défense restent satisfaisantes, le reste part à vau-l’eau et le staff paraît démuni, incapable de trouver les solutions qui relanceraient la machine dans le bon sens. A six mois de la Coupe du monde, il faut réagir. Vite. « Sur le dernier match, malgré la défaite, on n’était pas loin, nuance le capitaine Thierry Dusautoir. Quand on jouait au rugby et quand on arrivait à imposer notre jeu, on réussissait à produire de belles choses. On va rentrer sur le terrain avec cette ambition. Un bon match face aux Italiens est un passage obligé pour nous.» Une prestation enfin aboutie et positive en déplacement, où le XV de France reste si fragile (et où il doit encore croiser l’Angleterre le 21 mars), pourrait entamer la marche en avant et regonfler un peu le capital confiance après deux années noires. Peut-on y croire ? Rien ne permet de l’affirmer. Mais l’orgueil des joueurs – traités de « starlettes » par Philippe Saint-André après le revers contre Galles – et les changements proposés par le sélectionneur avec une équipe à moitié remaniée, pourraient insuffler un nouvel élan. Mais impossible de ne pas utiliser le conditionnel. Pas avec ces Bleus-là.

Passer des paroles aux actes

Après le coup de gueule post-Galles de PSA, les joueurs tricolores et le staff ont crevé l’abcès avec une réunion à l’initiative de leur capitaine. Se dire les choses pour les changer. Des paroles à Marcoussis avant des actes en Italie ? « Je leur ai demandé surtout de se libérer, de jouer au rugby comme ils savent le faire », raconte Dusautoir. « Il faut une implication totale, confirme Mathieu Bastareaud. Ce match arrive au bon moment, on va voir si on est des hommes et si cette réunion aura servi à quelque chose. S’il n’y a pas d’actes sur le terrain, ça efface tout. On a besoin d’actes forts. » Et Benjamin Kayser d’enfoncer le clou : « Nos performances ne sont pas suffisantes. On doit bosser pour rendre une belle copie. On doit être solidaires. C’est en ayant un but commun qu’on arrivera à faire un truc de bien. Il nous faut une victoire dimanche. C’est un grand rendez-vous. »

Donner rendez-vous pour le Mondial

Victorieuse en Ecosse il y a quinze jours (19-22), l’Italie reçoit le XV de France avec l’ambition de signer un deuxième succès de rang dans le Tournoi pour la deuxième fois de son histoire, la première depuis 2007 (Ecosse et Galles). Avec l’occasion, aussi, de prendre rendez-vous avec les Bleus. Car les deux formations vont se retrouver en ouverture du Mondial le 19 septembre prochain. Vu l’état actuel des Bleus, une défaite ce dimanche à Rome donnerait forcément un avantage psychologique pas négligeable aux partenaires de Sergio Parisse. Avec l’Irlande en plus dans la poule, un revers français entraînerait même une question qui ferait froid dans le dos : et si le XV de France ne parvenait même pas à passer le premier tour ? Aux Bleus de rebondir avant. Tant qu’il est encore temps.

A.H. avec L.D., W.T. et M.R.