RMC Sport

XV de France : Saint-André voit plus loin

Philippe Saint-André

Philippe Saint-André - -

Dernière du Tournoi malgré sa victoire contre l’Ecosse samedi, l’équipe de France doit faire face à de nombreux chantiers. Philippe Saint-André le sait : la route vers la Coupe du monde 2015 est truffée d’embuches.

Le chantier de l’ouverture
Montré du doigt pendant ce Tournoi, Frédéric Michalak a conservé la confiance du staff des Bleus. L’ouvreur ou demi de mêlée de Toulon fait d’ailleurs partie des cadres de Philippe Saint-André, lui qui est dans le groupe depuis la tournée d’été et qui a participé aux dix dernières rencontres des Français. Tout comme François Trinh-Duc, dans le groupe également, mais qui ne part pas dans le costume de numéro 1 au poste. Le poste d’ouvreur est pourtant un des chantiers de Saint-André et ses adjoints. Michalak laissé au repos cet été, ce sont trois numéro 10 qui s’envoleront en Nouvelle-Zélande (Trinh-Duc, Lopez et Wisniewski ?) Comme quoi le choix n’est pas définitivement établi. Saint-André s’était plaint que ce poste clé était occupé par des étrangers dans le Top 14. Il a un peu plus de deux ans pour trouver la solution.

Où sont les cadres ?
Pascal Papé blessé, c’est Thierry Dusautoir qui a retrouvé son rôle de capitaine. Le Toulousain continue pourtant de se considérer comme un simple substitut au Parisien. Depuis le départ des Bonnaire, Servat, Papé et alors que Yachvili, Harinordoquy ou encore Rougerie ne font plus partie des plans, les cadres font cruellement défaut. Frédéric Michalak (31 ans, 64 sélections), Vincent Clerc (31 ans, 67 sélections), Dimitri Szarzewski (30 ans, 69 sélections) ou encore Nicolas Mas (32 ans, 61 sélections) pourraient être ceux-là. Pourtant, ils ne semblent pas prêts à endosser ce rôle à plein temps. « Le groupe a peu d’expérience, temporise Vincent Clerc. Ça fait partie de l’apprentissage. Les plus vieux doivent rassurer le groupe et dire qu’il n’y aura pas que des victoires. » Mais c’est aussi sur le terrain qu’on attend de voir les tauliers. « Il faut avoir du bulbe », lâchait Saint-André après le revers en Italie… 

L’éternel problème du calendrier
L’équipe de France est la seule à s’être rassemblée à une semaine seulement du début du Tournoi. « C’est sûr que quand on voit les autres travailler depuis plus de deux semaines, ça fait rêver », glisse Vincent Clerc. Un constat qui s’apparente à un serpent de mer… Philippe Saint-André avait promis de ne pas en parler pendant la compétition. Il a tenu parole. Et au moment de faire le bilan, il a appelé les instances à une prise de conscience. « Pour la santé des joueurs, je crois qu’il faut faire attention au nombre de matchs que nos joueurs jouent, livre PSA. On rêverait d’avoir, comme les cinq autres nations du Tournoi, 13 jours de préparation avant le premier match du VI Nations. On fait confiance aux dirigeants et au rugby français, qui vont se rencontrer. » Le message est passé. Sera-t-il enfin entendu ?

Un état d’esprit à consolider
« Ce groupe a les valeurs de faire match nul en Irlande (13-13) et de revenir contre l’Ecosse (23-16) après avoir été dominé en début de match. Cette équipe a une âme, elle est jeune et se bat. » Philippe Saint-André dit avoir beaucoup appris dans la défaite. De ses ennemis, mais également de ses joueurs et de son staff. Et le message semble identique du côté de ses joueurs. « Malgré les critiques, on est resté solidaires et on prouve qu’on est un groupe » assure Mathieu Bastareaud. « On était parti dans une opération rachat qui a commencé à Twickenham, poursuit Benjamin Kayser. On aurait pu lâcher, on aurait pu craquer. C’est une preuve de plus que ce groupe est solidaire et qu’il vit bien. » Au moins un bon point… 

Pierrick Taisne (avec LD)