RMC Sport

Laporte-Boudjellal, tirs croisés !

Bernard Laporte et Mourad Boudjellal

Bernard Laporte et Mourad Boudjellal - -

Invité de Direct Laporte ce lundi, le président toulonnais Mourad Boudjellal a abordé avec l’ancien sélectionneur, administrateur du Stade Français, le cas de Mathieu Bastareaud. Assez tendu au départ, l’échange a permis aux deux protagonistes de renouer le dialogue. Mais ils sont tous les deux aussi fermes sur leurs positions.

Mourad, Bernard, vous êtes en conflit au sujet de Mathieu Bastareaud. Quelle est la situation ?

Mourad Boudjellal : C’est son agent qui nous a approchés. C’est un énorme joueur, je comprends que Bernard ait envie de le garder. Je serais à sa place, j’aurais aussi envie de le garder.

Bernard Laporte : Ou alors il faut changer les lois ? Ce n’est pas moi qui ai signé le contrat. Si on se met, dans le rugby, à ne pas respecter nos engagements… Je n’ai pas envie que ça ressemble au foot.

Comment pensez-vous sortir de cet imbroglio ?

MB : On m’a expliqué quand je suis arrivé dans le rugby que c’était un sport basé sur l’envie et la volonté du joueur. J’ai respecté Bernard Laporte comme entraîneur de l’équipe de France et je crois qu’il donnait beaucoup d’importance à l’envie et à la volonté. Quand il n’y a plus l’envie et la volonté, ça ne sert plus à rien. C’est une forme de respect. C’est ce que je pense, ce n’est pas une vérité.

BL : C’est à nous de lui redonner envie. Et Gorgodze (ndlr : joueur de Montpellier qui a signé un pré-contrat avec Toulon, avant de se rétracter) ? Il ne veut pas venir à Toulon !

MB : Gorgodze, je ne lui demande pas de venir à Toulon ! Je lui demande simplement de payer le contrat. Je fais une procédure pour que les conditions financières de sa non-venue soient respectées. J’ai libéré des joueurs. Contepomi, je savais très bien qu’il allait au Stade Français. Vous l’avez eu à un prix très bas parce que c’est moi qui ai casqué. Il n’avait plus envie de voir ma gueule. Je comprends tout à fait.

Malgré la position de Bernard Laporte, Mourad, vous souhaitez toujours que Mathieu Bastareaud rejoigne Toulon…

MB : La seule chose qui pourrait m’ôter l’envie, c’est que c’est un garçon assez fragile. Je ne voudrais que cette histoire abime l’un des plus grands espoirs du rugby français. Ce serait vraiment dommage pour le rugby national. Pour moi, c’est un joueur d’exception et on va le voir dans les années à venir.

BL : C’est à nous de lui redonner envie. A l’évidence, jusqu’à aujourd’hui, ça n’a pas été fait.

MB : Au Stade Français, après Dalida, ce sera Johnny Hallyday ! « Donnez-moi l’envie ! »

Et vous Bernard, comment comptez-vous le convaincre de rester ?

BL : Ce que je lui ai dit, c’est que c’est un très grand joueur. Je lui ai dit, « n’oublie pas que je t’ai sélectionné alors que tu étais en Fédérale 1 pour aller jouer contre les All Blacks ». Malheureusement, il s’était blessé à un genou, il n’avait pas pu venir. Mais quand je parle avec lui, ce n’est pas catégorique. Si on ne réussit pas à lui redonner envie, dans un an, on le libérera. Pour rien.

Dernière question, Mourad. Mathieu Bastareaud pourrait-il jouer avec le Sud-Africain Bryan Habana au RCT ?

MB : Habana ? Je n’ai pas les moyens. Je garde tous mes sous pour Bastareaud parce que l’autre va demander un bras ! Je le sais bien. Je me suis renseigné sur Bernard. Plus il dit non, plus ça veut dire que c’est cher !