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Une classe d'écart

Jerome Kaino et Israel Dagg

Jerome Kaino et Israel Dagg - -

Le XV de France a été broyé par les All Blacks ce samedi à l'Eden Park (37-17), à cause de grosses erreurs défensives. La qualification pour les quarts de finale attendra le match contre les Tonga le week-end prochain.

L’Eden Park, à Auckland. Twickenham, à Londres. Le Millennium Stadium, à Cardiff. Trois lieux que la mémoire collective a enveloppés de la magie d’un soir victorieux face aux mythiques All Blacks. C’était en 1994, 1999 et 2007. Le premier n’a plus rien d’un jardin paradisiaque après la défaite de ce samedi face à l’hôte néo-zélandais (37-17). La Coupe du monde n’a évidemment pas atteint son instant le plus décisif. Ce n’était qu’un match de poule, à deux semaines des quarts de finale. Mais la claque fera mal, en dépit d’une bonne période en deuxième mi-temps. Si les Bleus voulaient prendre confiance, à défaut de faire tomber les partenaires de Richie McCaw le jour de sa 100e sélection, c’est raté.

Pendant les dix premières minutes, ce XV de France a pourtant interpellé dans le bon sens. Il était décidé à prendre le match en main. Une série de plaquages manqués a tout effacé en autant de temps. Le troisième-ligne Adam Thomson (11e), après une passe volleyée de Dan Carter, l’ailier Cory Jane (17e) et l’arrière Israel Dagg (21e) ont sanctionné les grandes errances défensives des hommes de Marc Lièvremont. Thierry Dusautoir, l’ombre du « Dark Destroyer » fantastique de Cardiff sur le deuxième essai, ou encore Luc Ducalcon, qui glisse sur une feinte d’un Dan Carter sans que ce dernier ait besoin de forcer le trait du génie, ont facilité les choses aux All Blacks.

De l'enjeu face aux Tonga samedi prochain

Et la mêlée, théoriquement un point fort, a été trop souvent secouée, jusqu’aux entrées de William Servat, Fabien Barcella ou Julien Pierre, pour que le XV de France ait du caractère. A la mi-temps, le score (19-3) était déjà rédhibitoire. Le souvenir du come-back de la demi-finale de la Coupe du monde 1999 n’a pas résisté au quatrième essai néo-zélandais, signé encore Israel Dagg (41e). Et l’interception de Maxime Mermoz, à l’attitude festive un brin déplacée sur son essai (54e), n’a pas suffi à faire revivre l’espoir. Surtout que la fragilité défensive ressurgissait quelques instants après le deuxième essai tricolore (Trinh-Duc, 76e), en offrant un boulevard à Sonny Bill Williams (77e).

Décevante et inquiétante contre le Japon (47-21), trop tardivement dominatrice contre le Canada (46-19), l’équipe de France n’avait tout simplement pas le niveau ce samedi pour rivaliser avec les All Blacks, tellement durs à l’impact et qui avaient soif de revanche. L’aura-t-elle en quarts de finale, à condition de ne pas se manquer contre les Tonga samedi prochain ? Les calculs éventuels pour éviter une partie de tableau aux allures de Tri-Nations ne tiennent plus. Quel que soit l’adversaire, les Bleus inspireront une bonne de dose de pessimisme. Il faudra surprendre. Comme toujours. Ou comme trop souvent.