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XV de France: 42 joueurs aux rassemblements, le "oui mais" des présidents de clubs

Si l’ensemble des présidents des clubs professionnels souhaite adhérer aux idées du nouveau sélectionneur Fabien Galthié pour mettre plus de joueurs à disposition de l’équipe de France, certains attendent maintenant un effort de la part de la Fédération française de rugby pour réaliser le projet.

"La situation est assez simple: l’immense majorité des présidents de clubs veulent que l’équipe de France tourne bien. Mais depuis deux ans, nous avons fait d’immenses efforts". La phrase est de Laurent Marti, président de l’Union Bordeaux-Bègles. Elle résume bien la tonalité de l’échange qui s’est déroulé cette semaine entre les présidents des clubs professionnels et le vice-président de la Fédération française de rugby (FFR) Serge Simon, présent lors du comité directeur de la Ligue Nationale de Rugby (LNR).

Le nouveau sélectionneur Fabien Galthié désire désormais réunir 42 joueurs lors des rassemblements du XV de France (pour en libérer 14 le jeudi midi précédant le match), le prochain étant prévu le 19 janvier, deux semaines avant l’ouverture du Tournoi des VI Nations qui verra la France affronter l’Angleterre (le dimanche 2 février). Objectif: mieux travailler, en opposition notamment.

Comme le dit Jacky Lorenzetti, le président du Racing 92, lui et ses collègues sont prêts à des concessions: "La Ligue et les présidents de clubs sont favorables à une entreprise ambitieuse en vue de la Coupe du monde 2023. Il semble que nous ne soyons pas loin d’un accord, on attend quelques aménagements, des propositions raisonnables".

C’est en fait la Ligue nationale de rugby qui rétribue elle-même les clubs fournisseurs d’internationaux: 1.600 euros par jour pour chaque joueur. Avant même d’imaginer cet aménagement qui gonflerait l’effectif des Bleus à l’entraînement, la LNR s’était déjà engagée à verser un total de 53 millions d’euros à la FFR lors des quatre prochaines années. "Une situation unique, dit Laurent Marti. Aucune autre ligue dans le monde ne fait ça. En Angleterre, c’est la Fédération qui donne 20 millions d’euros par an aux clubs! Là, nous finançons nous-mêmes cette rétribution. Il faut remettre les choses dans l’ordre".

"La FFR détient la clé de tout ça"

Les clubs veulent aller dans la même sens que les Bleus, mais pas à n’importe quel prix. Car des internationaux mobilisés en plus, c’est un coût, estimé autour de 1,6 millions d’euros. "Nous donnons déjà assez, poursuit Laurent Marti. En plus, plusieurs clubs de Top 14 ont des difficultés. Alors c’est maintenant à la Fédération de gérer l’enveloppe actuelle". "C’est simple, la FFR détient la clé de tout ça, confirme Yann Roubert, le président de Lyon. Les idées de Fabien Galthié sont bonnes, à la Fédération de faire les arbitrages."

Ces présidents attendent aussi la liste élargie de 75 joueurs prévue par le nouveau staff. Car économiquement, c’est un casse-tête prévisionnel d’avoir un international en plus dans son effectif. "Quand le joueur devient international, son agent débarque dans la foulée, précise un président en off. Et il demande que son salaire soit multiplié par deux. Tout ça pour l’avoir la moitié du temps! Il faut aussi comprendre nos problématiques." Des effectifs et des comptes à ajuster, évidemment.

Sinon, Laurent Marti demande à la FFR de faire des économies. "Elle a multiplié par deux ou par trois les primes de matchs des internationaux au moment du changement de gouvernance. Mais au nom de quoi? Des résultats? Les internationaux sont tout de même bien payés. On peut peut-être aller chercher des économies ici."

Serge Simon doit revenir vers les clubs. Une assemblée générale de la Ligue Nationale de Rugby est prévue à Nice au mois de décembre. Dans le même temps, Fabien Galthié et son staff se réuniront dans les Landes les 9, 10 et 11 décembre avec un point presse de prévu en conclusion. Le moment idéal pour se mettre d’accord? Et annoncer la fameuse liste des 75 joueurs suivis? Il restera ensuite un bon mois avant le rassemblement du XV de France en vue du Tournoi des VI Nations (19 janvier). Le temps presse. Et le rugby français n’en a plus à perdre...

Wilfried Templier