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XV de France : Physique, cohésion, concurrence, la préparation est bien lancée

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Les joueurs de l’équipe de France viennent de boucler la deuxième phase du premier bloc de préparation physique à la Coupe du monde 2015 avec un stage de dix jours à Tignes. Si les organismes ont été mis à rude épreuve, le mental aussi. Après quatre jours de repos complet bien mérités, les Bleus vont se retrouver à Marcoussis, où la concurrence risque d’être plus présente alors qu’il restera trois semaines avant la réduction du groupe de 36 à 31 éléments.

Des joueurs très impliqués

Philippe Saint-André a réuni ses joueurs depuis maintenant trois semaines. Et pour le moment, tout se passe à merveille. Quelques petits bobos, mais rien de bien méchant. Les 36 Bleus sélectionnés par PSA ont passé le premier col de cette préparation physique malgré le programme très difficile concocté par les préparateurs physique, sous la houlette de Julien Deloire. Yannick Nyanga est d’ailleurs ravi de ce qu’il vit actuellement avec l’équipe de France : « Je suis agréablement surpris. Après, je me suis bien préparé aussi, je ne suis pas arrivé comme ça… Ce n’est pas non plus la préparation magique qui va faire qu’on va passer de 5e ou 6e équipe mondiale à numéro 1. » Le troisième-ligne sait que le travail est encore long, mais il y croit : « C’est un travail de longue haleine, de longue date et qui aujourd’hui se matérialise par cette préparation. On a la chance se préparer comme on le veut depuis le 6 juillet, même avant pour certains et aujourd’hui c’est mettre en place tout ce qu’on a voulu mettre en place depuis 4 ans et avoir la caisse pour tenir. Après, on verra ce que ça donne sur le terrain. » Une chose est sûre, de mémoire de préparation physique, c’est la première fois que le groupe France est aussi concentré et impliqué. Un vrai travail de pro. La caisse des amendes n’a d’ailleurs pas beaucoup gonflé depuis le début de la préparation. Un signe qui ne trompe pas.

La cohésion chère à Saint-André

Si la préparation physique était sur toutes les lèvres, Philippe Saint-André a lui beaucoup insisté sur la cohésion de son groupe. Et le stage commando de 48 heures en altitude devait être le point d’orgue de cette première partie de préparation. Le sélectionneur des Bleus n’a pas été déçu. Le deuxième-ligne Sébastien Vahaamahina confirme : « C’est différent quand même par rapport aux autres rassemblements lors d’un Tournoi ou pour une tournée d’automne. On sait qu’on va passer quand même deux mois ensemble, vraiment tous ensemble. Il y une vie de groupe, c’est la première fois que je vois ça quand même. » Un sentiment partagé par le talonneur Benjamin Kayser : « Je ne veux pas citer quelqu’un de particulier mais ce qui m’a vraiment agréablement surpris, même si je l’espérais et j’en rêvais, c’est cette ambiance, cet état d’esprit collectif qui est vraiment magnifique depuis le début. Alors ça ne fait pas tout, ça veut pas dire que tout est gagné, mais ce que je veux dire c’est que des charges de travail comme celles qu’on a encaissées pendant 10 jours, avec des mecs qu’on a l’impression qu’on voit tricher, qui sont pas vraiment à fond ou qui trainent la patte, c’est infaisable. C’est infaisable et on craque au bout de deux jours et on en a marre. Là, tout le monde se donne à 150%, qu’on soit bon ou pas bon, vieux, jeune, tout ce que tu veux. Ça se donne, ça s’encourage, ça va dans le bon sens, donc pour l’instant honnêtement je suis très surpris par l’état d’esprit collectif. »

La concurrence pointe son nez

Un super état d’esprit et de la cohésion qui n’empêchent pas la concurrence d’être également au rendez-vous. Car dans moins d’un mois, Philippe Saint-André devra réduire son groupe de 36 à 31 éléments et donc se séparer de cinq joueurs avant le grand départ pour l’Angleterre et le coup d’envoi de la Coupe du monde. Cette concurrence a commencé à pointer le bout de son nez lors du stage commando de 48 heures. Morgan Parra ne le cache pas : « Le mec qui dit aujourd’hui qu’il ne l’a pas dans un coin de la tête, ça serait mentir ou alors ça voudrait dire que ce n’est pas un compétiteur ou qu’il ne veut pas en faire partie cette liste des 31 pour la Coupe du monde. C’est dans un coin de ma tête, après il ne faut pas gâcher cette bonne ambiance et tirer les ficelles pour soi, individuellement. On sait qu’on va partir à 31, par contre on va avoir besoin de tout le monde pour cette Coupe du monde et si on part en étant individualiste ça va être très compliqué. » Le demi de mêlée, finaliste du dernier Mondial, poursuit : « Ça va aussi dépendre des postes. Là on ne l’a pas par ce qu’on est encore dans le physique. Il va y avoir de la concurrence mais il faut essayer de garder cette concurrence saine pour pouvoir évoluer et surtout pour le bien de l’équipe de France. Aujourd’hui tu sais que dans un groupe, quand tu commences à tirer la corde pour toi, c’est plus compliqué. C’est là où naissent les rivalités, des clans et après tu as un groupe qui est dissout. Ce n’est pas ce qu’on veut, on veut un groupe cohérant, qui vit bien, s’épanouir sur le terrain, gagner tous ensemble et aller jusqu’au bout. » Le troisième-ligne Louis Picamoles renchérit : « Il y aura des choix qui seront faits mais ce n’est pas nous qui prendront les décisions. On a juste à mettre toute notre énergie pour essayer de progresser individuellement. Ensuite, quand on passera plus sur du travail collectif avec plus de rugby, j’espère que ce sera aussi bénéfique. » Yoann Huget conclut : « Je vais me donner à 100% dans cette préparation et après le staff fera le choix des 31 mais si je ne suis pas pris j’aurais aucun regret parce que j’aurais vécu encore une aventure pleine ». Pour l’instant, c’est le cas. Et c’est un Philippe Saint-André radieux qui a traversé ce stage à Tignes. Ce dimanche, depuis midi, les Bleus, après une matinée sur les fameux Wattbikes, sont OFF. Un repos bien mérité de quatre jours. Rendez-vous vendredi à Marcoussis pour une grosse semaine de travail avant le départ pour Falgos et un nouveau stage.

MR (Avec LD à Tignes)