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XV de France – "Prouver que je peux jouer à ce niveau", l’ambition de Jean-Pascal Barraque

Jean-Pascal Barraque avec Clermont face à Brive en octobre 2020

Jean-Pascal Barraque avec Clermont face à Brive en octobre 2020 - ICON SPORT

Jean-Pascal Barraque fait partie des trente et un nouveaux joueurs qui vont préparer le match de samedi face à l’Italie au Stade de France (21h10). A vingt-neuf ans, après un parcours parfois sinueux en club, il est devenu capitaine de l’équipe de France à sept, avant de revenir à quinze en début de saison à Clermont. Le voilà à Marcoussis, avec le désir de vivre une première sélection chez les Bleus. En occultant, un temps, son avenir entre quinze et sept.

Comment avez-vous appris votre présence dans la liste des 31 pour préparer l’Italie et comment l’avez-vous vécue?

J’étais en route pour aller au stade. Je savais que la liste allait sortir et c’est Marvin O’Connor qui a envoyé un message sur un groupe WhatsApp que nous avons avec des joueurs du sept. Le staff du XV de France m’avait appelé la semaine dernière parce que (Pierre-Louis) Barassi avait été malade. En gros, j’ai été sélectionné deux heures avant que le match face aux Fidji ne soit annulé. Mais, depuis, je n’avais aucune nouvelle, je ne savais pas si j’allais être appelé de nouveau pour cette liste. J’étais donc très ému et très heureux de faire partie de cette liste des trente et un.

Est-ce quelque chose que vous imaginiez possible?

J’ai toujours cru en moi, donc j’en avais envie bien sûr. Possible je ne sais pas… je ne m’y attendais pas surtout. J’étais d’autant plus heureux. Que ça se soit passé comme ça, assez rapidement, avec Clermont et derrière l’équipe de France.

Vous avez déjà vécu pas mal de choses dans votre carrière. De Biarritz à Clermont, en passant par Toulouse, La Rochelle, Bordeaux ou l’équipe de France à 7. Un parcours pas vraiment linéaire…

Non, pas vraiment c’est sûr (il s’esclaffe)! Mais bon, j’ai eu l’opportunité de me diriger vers le rugby à sept à un moment où je tournais un peu en rond à quinze. C’était l’occasion ou jamais et c’était un endroit où on me voulait vraiment. Je ressors très content de cette aventure qui n’est pas finie.

Qu’est-ce qu’il vous a manqué pour trouver votre plénitude? A-t-on le recul pour le savoir à vingt-neuf ans?

Oui. A Biarritz ou ailleurs, j’ai fait de bons matchs mais je n’étais pas régulier non plus. Puis je tournais à pas mal de postes. Ça m’a permis de jouer assez tôt mais ensuite ça m’a desservi, même si moi, au contraire, j’aimais jouer partout.

Le virage du rugby à sept a été très important. En quoi cela vous a changé?

Ca m’a permis de grandir et d’avoir confiance en moi. De ne pas me poser de questions. Retrouver le plaisir du rugby, du jeu sur le terrain. Ça m’a servi dans ce sens et en plus avec le capitanat, j’ai sûrement pris de la maturité. Je le ressens sur le terrain aussi.

Vous avez toujours été polyvalent mais aujourd’hui, quel est votre poste?

Ah (sourire)! Je dirais centre en premier choix. Et après, c’est sûr que je peux jouer arrière, dix ou ailier. Même si ailier n’est pas un poste que j’affectionne particulièrement.

"Envie de jouer les Jeux olympiques"

La question de votre avenir se pose, parce que vous avez été recruté à Clermont en tant que joueur supplémentaire, mais la fédération française de rugby compte sur vous pour revenir avec l’équipe de France à sept en vue de la qualification pour les Jeux olympiques. Que va-t-il se passer?

J’ai dû faire une rupture de contrat avec la FFR car les règlements de la LNR ne permettent visiblement pas d’avoir deux contrats. Mon contrat à la Fédé redémarre en janvier, au moment où celui avec Clermont se termine. Mais après, le souhait de Franck Azéma et de Christophe Reigt (respectivement managers de Clermont et de l’équipe de France à sept, ndlr), qui s’entendent bien, c’est peut-être de me laisser rester plus longtemps à Clermont, vu que la saison à sept n’est pas encore déterminée. Ce qui est prévu, c’est au mieux le tournoi de Hong-Kong en avril. Cela laisse donc un peu plus de temps.

N’est-ce pas trop compliqué à gérer? 

Bah, si je pouvais faire les deux ce serait le top! Après, ce sera à Christophe Reigt de décider car au final, c’est lui mon "patron". Je suis sur un cycle à sept pour aller jusqu’au JO, j’ai envie de les jouer. Mais bon, comme le sept sera à la fin de la saison, je ne me pose pas vraiment de question. Je prends ce qu’il y a à prendre à Clermont et après, adviendra ce qu’il adviendra. L’objectif, c’est les JO à long terme, au mois de juillet, et à court terme aller le plus loin possible et performer avec Clermont.

Et pour les saisons suivantes?

Déjà, mon souhait était de repartir à quinze après les JO. Ils ont été reportés d’un an, donc j’ai prolongé avec la Fédé. Mais après, j’aimerais bien revenir à quinze. Mais je leur ai dit, je ne veux pas non plus faire une croix sur le sept, vu que dans un an il y a la Coupe du monde et dans trois ans les Jeux en France, pour lesquels l’équipe nationale sera automatiquement qualifiée. J’aimerais y participer, bien sûr si on a besoin de moi et s’il n’y a pas plus performant à mon poste.

Pour finir, quel sera votre objectif cette semaine à Marcoussis?

De continuer à bien m’entraîner, prouver que je peux jouer à ce niveau et si je fais partie des vingt-trois, ce sera avec grand plaisir de me tester à ce niveau et montrer que j’ai des qualités. Sinon, je prendrai mon mal en patience et je continuerai à travailler.

Cette équipe de France actuelle donne envie d’être de l’aventure?

Oui, oui, c’est sûr. Il y a beaucoup de jeunes, de bons jeunes en plus. Après, j’ai des retours de mes coéquipiers du 7, qui se sont entrainés avec eux ces derniers jours, ils me disent que ce sont de bons mecs et que ça bosse bien. C’est sûr que ça donne envie de faire partie de ce groupe et d’aller chercher des victoires.

Propos recueillis par Wilfried Templier