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XV de France: "Sans concertation, on restera sur l'ancienne convention", prévient Lorenzetti

Jacky Lorenzetti avec ses joueurs du Racing

Jacky Lorenzetti avec ses joueurs du Racing - ICON SPORT

Alors que les discussions avancent au ralenti pour la mise à disposition des internationaux en vue du prochain Tournoi des VI Nations, Jacky Lorenzetti souligne les efforts réalisés par les clubs. Le président du Racing 92 estime aussi que la Fédération et la Ligue doivent se mettre autour de la table rapidement. Il s’explique pour RMC Sport.

Jacky Lorenzetti, une réunion devait avoir lieu cette semaine quant à la mise à disposition des internationaux…

Cette réunion a été annulée à la demande de l’équipe de France. Cela m’étonne un peu puisque nous avons tout de même une convention à renégocier et à mettre en place rapidement. Le Tournoi se déroule dans seulement quelques semaines.

La FFR souhaite discuter directement avec les présidents de clubs. Quelle est votre position?

C’est un mensonge. La Fédération n’a jamais discuté de la mise à disposition des internationaux directement avec les clubs. En tout cas, leurs dirigeants n’ont jamais discuté avec moi ou avec Clermont. Il y a des discussions avec Toulouse, mais autour du rugby en général. Mais pour avoir vu Didier (Lacroix) il y a deux jours, il n’a pas discuté de cette mise à disposition au nom de la Ligue. Nous n’avons de toute façon pas le mandat. Au contraire, nous avons conforté notre position institutionnelle qui est de laisser la Ligue négocier.

C’est-à-dire?

On comprend bien l’idée de la Fédération qui est de diviser. C’est de bonne guerre. Mais aujourd’hui, ce n’est pas la situation. À moins que le sélectionneur ne veuille constituer une équipe de France uniquement de joueurs de Toulouse… Pourquoi pas…

Comprenez-vous ce débat sur les 42 joueurs du Top 14 voulus par le staff comme lors du dernier Tournoi?

Bien sûr. Il peut y avoir un débat. Si notre invitation à se concerter n’a pas d’échos, on restera sur l’ancienne convention, c’est-à-dire 31 joueurs. Les relations de concertation avaient bien démarré avec le staff. On souhaite que ça continue comme ça et on est à l’écoute.

Quel regard portez-vous sur les progrès du XV de France?

Il faut rappeler que ce qui été mis en place par la Ligue Nationale de Rugby autour du concept des JIFF (joueurs issus des filières de formation) porte ses fruits. Il y a quelques années, l’équipe de France n’avait pas les mêmes résultats et il faut se souvenir que de nombreux joueurs étrangers évoluaient dans les équipes françaises. Les jeunes n’avaient pas les moyens d’éclore. Aujourd’hui, grâce aux JIFF, nous avons tous beaucoup de joueurs jeunes qui arrivent. Au Racing, on fait partie de ceux qui ont favorisé la formation. Les récents résultats de l’équipe de France sont à mettre crédit principalement des efforts de formation de la jeunesse par les clubs de Top 14.

"Que chacun accepte l’existence de l’autre" Quelles améliorations souhaiteriez-vous adopter pour cette mise à disposition des internationaux?

D’abord qu’on ne soit plus obligé de discuter sans arrêt dans des positions de force, que chacun accepte l’existence de l’autre et que chacun ait ses responsabilités. Et ce même si nous aurons toujours des accrochages. L’équipe de France est constituée de joueurs payés par les clubs alors qu’elle est gérée par la Fédération. Tant que ça sera comme ça, il y aura toujours un antagonisme.

Mais vous devez être heureux de voir les récentes bonnes prestations des Bleus cette année?

Bien sûr. On est heureux quand on a des sélectionnés. Lorsque le jeune Donovan Taofifenua a été appelé, on était ravi pour lui. Il n’avait que 4 matchs de Top 14 dans les pattes. C’était une bonne nouvelle pour lui et pour nous. Notre envie est de voir l’équipe de France briller.

Vous évoquiez ce bras de de fer permanent. N’est-ce pas usant?

Je suis un des seuls présidents à trouver les doublons vertueux. Je suis un peu moins pénalisé par les matchs de l’équipe de France. Bien sûr que parfois ça nous pèse un peu. Mais on fait contre mauvaise fortune bon cœur. Sur le principe, comme vous l’avez rappelé, on est d’accord pour que l’équipe de France soit devant.

Que pensez-vous du nombre de 42 joueurs souhaités par le staff? Seriez-vous d’avis de rester sur 31 comme cet automne?

Je trouve qu’on nous en prend toujours de trop. Laurent Travers aussi. Mais on essaie de concilier tout le monde. Mais mettez-nous autour de la table et discutons, et que le sport l’emporte!

Propos recueillis par Jean-François Paturaud