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Biathlon: faute de chutes de neige fraîche, Le Grand-Bornand recouvre sa piste de neige stockée

A l'approche des épreuves de Coupe du monde de biathlon au Grand-Bornand, la station du Grand-Bornand a dû procéder à un enneigement non naturel de son stade.

Alors que la neige est tombée en quantité sur Val d'Isère ces dernières semaines, permettant ce vendredi à la FIS de confirmer la bonne tenue des épreuves du Criterium de la Première les 10 et 11 décembre prochain, la station du Grand-Bornand a dû quant à elle procéder à un enneigement non naturel du stade de biathlon pour la venue de la Coupe du monde du 15 au 18 décembre.

A défaut de flocons naturels, elle a fait venir 24 000 m3 de neige stockée dans la commune via une douzaine de camions pour préparer la piste. Comme l'an passé donc les organisateurs ont choisi de taper dans les ressources de neige stockée. Une neige qui provient à 50% du "snowfarming", prouesse qui consiste à sauvegarder la neige des hivers précédents en la recouvrant de sciure de bois.

Pour le reste, il s'agit de neige de culture, à savoir de l'eau naturelle (ruisseaux, rivières, réserves et retenues artificielles) sans produit chimique ajouté, et qui à la fin de l'hiver sert à nourrir les alpages. Le procédé est exclusivement mécanique.

En France, un peu plus d'un tiers du domaine skiable est enneigé artificiellement

Le principe est de brumiser de l'eau sous pression dans l'air mais nécessite des températures froides dans l'air, inférieures à 4 degrés. Avec le froid, des gouttelettes d'eau forment un brouillard qui gèle en suspension avant de se déposer au sol. Un procédé bien évidemment utilisé "au maximum des pics de froid, souvent à la nuit tombée", rappelle Ingrid Jacquemod, directrice du Club des Sports de Vald'Isère.

Pour rappel, en France, un peu plus d'un tiers du domaine skiable est enneigé artificiellement, contre 87% en Italie, 70% en République Tchèque et 49% en Suisse. Chaque hiver plus de 20 millions de m3 d'eau sont utilisés pour la production de neige de culture. A titre de comparaison, le volume d’eau consommé par les piscines privées est lui estimé entre 30 et 40 millions de m3 chaque année.

Rien qu'en Auvergne Rhône Alpes, le monde de la montagne génère 120 000 emplois. Plus précisément concernant le département de la Savoie estime à 60% son PIB annuel réalisé en 4 mois au dessus de 1500 mètres d'altitude, que ce soit en retombées directes (hivernales) ou indirectes (le reste de l'année).

Quelques chiffres :

- 24 000 m3 de neige au total stockées
- 12000 m3 sur le site même, et déplacés de quelques mètres par des chargeuses
- 12 000 m3 au Chinailmon à une poignée de km et transportés par des camions de lundi à jeudi
- 60 000 spectateurs sur la période
- 850 bénévoles et 3 millions d'euros de retombées économiques pour la station en plus de l'image
- Bilan carbone de la neige transportée et fabriquée : O,8 pc du bilan carbone total de l'événement, 83% du bilan carbone c'est le déplacement des spectateurs pour l'événement

AS et EJ