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Defrasne : « C’était la course parfaite »

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LES DESTINS EN OR DU SKI FRANÇAIS. Il y a huit ans, à Turin, le biathlète Vincent Defrasne était sacré champion olympique de poursuite, au terme d’un sprint exceptionnel avec la légende Bjoerndalen.

Vincent, racontez-nous cette course du 18 février 2006, où vous êtes allé chercher l'or olympique...

J’avais réussi un sans-faute sur les trois premiers tirs. C’était la course parfaite, comme je l’avais imaginée dans ma tête la veille. Je fais toujours une préparation mentale en imaginant les divers scénarios. Celui qui se passe parfaitement, celui qui se passe moyennement et le scenario catastrophe. Et là, jusqu’au 4e tir, ça se passait de manière parfaite. Puis j’ai fait deux fautes dans le quatrième tir et les choses ont commencé à se compliquer

Vous vous être retrouvé à lutter avec le monstre de la discipline, Ole Einar Bjoerndalen...

J’ai cinq secondes d’avance en commençant le dernier tour. Un des kinés me dit quelque chose et je comprends : « Il y a Bjoerndalen à cinq secondes et derrière, ils sont tous là ». Je peux vous dire que dans un dernier tour aux Jeux Olympiques, quand on entend ça, on panique un peu. Mais en fait j’avais mal compris, il avait dit : « Bjoerndalen est à cinq secondes et derrière il n’y a personne ». Donc on s’est retrouvés à se bagarrer à deux. J’ai eu la bonne tactique, à savoir durcir la course tout en gardant des forces pour la fin. Il fallait durcir pour le forcer à puiser dans ses réserves pour me revenir dessus. Sur le dernier sprint, je me suis un peu emmêlé les pinceaux au dernier virage, j’ai failli tomber, mais j’ai réussi à me rattraper sans perdre de temps, puis j’ai réussi à le passer. Moi il m’en restait un tout petit peu, lui il n’avait plus rien du tout, et ça a fait la différence. 

Jean-Guillaume Béatrix vient de monter sur le podium à Antholz, en poursuite. Etes-vous optimiste pour les Jeux ?

C’est la première fois qu’il monte sur un podium de Coupe du monde, donc c’est très bien pour lui. On sait qu’il est très fort. C’est un des meilleurs sur les skis depuis bientôt deux ans. Ça se voit moins que quelqu’un comme Martin Fourcade, puisqu’il n’avait pas encore mis tout bout à bout pour gagner, mais on sait le gros potentiel qu’il a et il le prouve aujourd’hui. Il n’y a rien de mieux pour préparer de bonnes courses que de faire de bonnes courses, donc il est dans le bon wagon.

Vous avez eu une trajectoire à peu près similaire, en remportant votre première course juste avant les Jeux...

J’avais fait des podiums les années précédentes, mais sans gagner. J’avais gagné la première au début du mois de janvier. C’est un peu le même topo pour Jean-Guillaume, et aussi pour Anaïs Bescond, qui a gagné il y a deux jours en sprint, à Antholz. Il y a Martin Fourcade qui est très costaud et qui devrait nous faire de bonnes choses. Derrière, à la fois pour le relais ou pour des belles surprises en individuel, il y a de quoi faire avec de beaux outsiders.

Etes-vous inquiet pour Martin Fourcade, qui ne s'est pas montré à son avantage cette semaine ?

Je ne suis pas du tout, mais alors pas du tout inquiet pour Martin. Il sait faire. Pour bien le connaître, je suis sûr que les Jeux lui donneront un surplus d’âme, un surplus d’envie, si tant est qu’il en ait besoin. Je ne dis pas que tout est fait, loin de là. Il faudra être excellent pour gagner à Sotchi, mais Martin ne va pas s’emballer. Il ne s’emballe pas quand il gagne course sur course et il ne va pas s’emballer non plus quand c’est plus difficile. C’est ça, sa force : être serein et posé. Le job est loin d’être fait, Il part avec 0,0 seconde d’avance dans le portillon à Sotchi. Ça, c’est clair. Mais je lui fais confiance.

Dans le cadre de sa nouvelle collection intitulée « Les grands moments du sport », RMC Découverte vous propose de découvrir mardi 21 janvier à 20h45 un document exceptionnel de 70 minutes consacré aux « Destins en or du ski français », coproduit par RMC découverte et RMC Sport.

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La rédaction