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Fourcade : "Le grand chelem est dans un coin de ma tête"

Après son troisième titre mondial (poursuite) décroché à Oslo (Norvège), Martin Fourcade était l’invité de Direct Laporte, dimanche sur RMC. Alors qu’il est encore en lice dans trois épreuves, la star française du biathlon se met à rêver d’un incroyable grand chelem.

Martin, trois courses, trois médailles d’or. Quels débuts de championnats de monde pour vous ! C’est la victoire par équipes qui vous a donné confiance ?

Pour le sprint, comme aux Jeux de Sotchi, j’avais une grosse tension avant d’attaquer l’événement. La course par équipes m’a permis d’évacuer la tension et d’être plus performant sur le sprint pour aller le remporter, ce que je n’avais pas réussi à Sotchi (il avait fini 6e, ndlr). Une fois que le championnat est bien lancé, on n’a plus qu’à surfer sur la vague. On n’a plus la pression de bien faire mais juste à faire des courses de biathlon le plus naturellement possible. Et ça, en général, je sais faire.

Ce dimanche, vous avez aussi remporté pour la cinquième année consécutive le classement général de la Coupe du monde…

Pour moi, c’est le titre à avoir, la récompense à aller chercher sur une saison. Un athlète qui pense le contraire, il faut qu’il change de sport. On est mis en lumière sur des JO ou des Mondiaux parce qu’une course d’un jour c’est exceptionnel. Mais gagner le classement général signifie qu’on a dominé la saison du début à la fin et qu’on a répondu présent sur chaque course. Sportivement, c’est une plus grande fierté que de faire le coup d’un jour.

Il vous reste trois courses. Est-ce possible de réaliser le grand chelem ?

C’est un objectif qu’on commence à découvrir car, même si la route est longue, on a déjà fait la moitié du chemin. Mais c’est tellement compliqué de garder ce niveau de performance au plus haut niveau… J’agis plus libéré mais il y a aussi plus de sollicitations, de fatigue. Même si on pense à ce fabuleux carton plein, on sait que c’est tellement impossible à atteindre que ce serait quelque chose d’extraordinaire. Mais on l’a dans un coin de sa tête.

Pourquoi cet amour pour la Norvège ? Etes-vous considéré comme une star là-bas ?

Star, c’est plus un état d’esprit qu’un fait. Le biathlon est très populaire en Norvège. Les gens me reconnaissent. Ils sont très respectueux de la vie privée. C’est une vraie différence par rapport à certains pays où on est un peu plus sollicité. En Norvège, les gens sont en retrait. Ils n’osent vraiment pas venir vers vous. C’est agréable à vivre au quotidien tout au long de l’année.

Quels sont vos rapports avec vos adversaires norvégiens ?

Ils sont paradoxaux. Il y a beaucoup de respect entre nous, de l’amitié. Et il y a aussi forcément une grosse rivalité qui est montée par les médias mais par nous en premier lieu. Il y a certains moments de tension mais je crois qu’on s’entend bien.