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Jacquelin et Fillon-Maillet s'expliquent sur le manque de contrôles antidopage

Les biathlètes français Quentin Fillon-Maillet et Emilien Jacquelin, qui avait déjà tweeté sur le sujet la veille, ont pointé du doigt lundi le faible nombre de contrôles antidopage subis cette saison en dehors des compétitions en raison de la crise sanitaire.

Après avoir ouvert le feu, Emilien Jacquelin range sa carabine. Le biathlète français, qui déplorait l’absence de contrôle antidopage en amont de la compétition, à la veille de son entrée en lice aux Mondiaux de Pokljuka, jure qu’il n’y avait "vraiment aucun sous-entendu". "J'ai vu les réactions à ce tweet et c’est vrai que j’étais plutôt étonné car lorsque j’ai tweeté, il y avait zéro sous-entendu derrière, a-t-il précisé ce lundi. C’était tout simplement une remarque que je me faisais de manière générale, sur l’ensemble de la saison."

Emilien Jacquelin, à l’instar de Quentin Fillon-Maillet, a constaté que le nombre de contrôles hors course était moins important que l’année précédente. "Par exemple, l’an dernier, avant les Mondiaux, j’ai eu deux tests à la suite, a-t-il précisé. Un premier le mercredi soir et l’autre le jeudi matin, à même pas dix heures d'intervalle. C’est pour vous montrer que la lutte anti-dopage était bien présente. Cette année, c’est un constat que je faisais, qui prend en compte seulement mon ressenti." Et son compatriote Quentin Fillon Maillet le partage.

La crise du covid profiterait-elle aux tricheurs ?

"J’ai été contrôlé seulement une fois à la maison, seulement une fois dans le cadre de la Coupe du monde, ce qui est très peu par rapport à d’autres années, a expliqué Fillon-Maillet. Je trouve ça dommage que l’IBU ne garde pas un contrôle régulier, déjà pour intimider, et puis pour contrôler un maximum de personnes." La crise sanitaire liée au coronavirus expliquerait cette diminution des contrôles, selon une explication donnée au biathlète français par un contrôleur de l’IBU, à Anterselva. 

"On m’a dit qu’ils étaient tout aussi nombreux que les autres années pour gérer tout ça, mais qu’il était impossible pour la fédération internationale d’organiser des contrôles sur un site spécifique où on pourrait contrôler 20 à 30 athlètes. Aujourd’hui, les contrôleurs sont obligés de se déplacer pour aller voir les athlètes un par un. Cela prend beaucoup plus de temps. C’est dommage parce qu’à cause du Covid, le dopage peut continuer."

Quentin Fillon-Maillet a aussi exprimé sa déception après la publication le 28 janvier d'un rapport accablant d'une commission mise en place par l'IBU, accusant l'ancien président de l'instance Anders Besseberg d'avoir couvert des cas de dopage russes en échange de diverses faveurs.

"Cela me brise le coeur, a-t-il affirmé. Si la direction de notre Fédération internationale est corrompue, ça met le doute sur beaucoup de choses. J'espère qu'on tend vers un sport de plus en plus propre. Mais cela donne une image négative de notre sport." 

QM avec JR