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Colas : « Je skie mieux qu’il y a deux ans »

Guilbaut Colas

Guilbaut Colas - -

Après deux ans d’absence en raison d’une blessure au dos, Guilbaut Colas sera présent sur la première étape de Coupe du monde à Ruka (Finlande), début décembre. L’ancien champion du monde de ski de bosses compte bien décrocher son billet pour les JO.

Guilbaut Colas, comment allez-vous après ces deux dernières années marquées par les blessures ?

Tout ça, c’est du passé. Il faut rester vigilant. J’ai énormément travaillé physiquement. J’ai fait six mois de préparation intense et je le ressens vraiment sur les skis. Arriver avec cette fraîcheur mentale et ne pas avoir skié énormément me donnent l’impression d’être un petit « rookie ». Je me fais plaisir et je donne tout aux entraînements. C’est super important. J’ai un ski qui est beaucoup plus fluide, beaucoup plus félin et beaucoup plus généreux.

Ces problèmes de dos vous ont quand même éloigné pendant deux ans

Il n’y avait rien de grave. C’était juste un disque un peu fatigué. Mais c’était un peu une accumulation, je n’ai jamais eu de gros pépins physiques. J’avais toujours pris les départs de Coupe du monde. J’ai peut-être eu un ras-le-bol psychologique. Après ma saison 2011, j’avais décidé de faire une saison blanche pour me reposer car des petites douleurs apparaissaient. L’année d’après, j’ai décidé de revenir, mais je me suis blessé sur la première course de Coupe du monde à Ruka. J’ai donc eu deux ans sans départ. Ça fait très long !

Avez-vous douté pendant cette longue période d

Il y a un petit peu de doute, surtout quand on a des grosses douleurs, qu’on est plié en deux et qu’on n’arrive plus à se lever. C’est certain qu’il y a des doutes. Après, il y a des remises en question. J’ai aussi analysé des vidéos de la concurrence et des vidéos de mes dernières années et j’ai vu que j’étais capable de rivaliser à l’époque. Revenir, c’est un challenge. Ce qui est très encourageant, c’est que je skie mieux qu’il y a deux ans. Après, le sport évolue très vite et il faut suivre. Moi, j’y vais pour me faire plaisir. J’ai la chance de pouvoir prendre des départs de Coupe du monde.

« Faire ce que je sais faire »

A 30 ans, c

Ça pousse très, très fort, avec les Québécois Mikaël Kingsbury (champion du monde et double tenant du gros globe de cristal, ndlr) et Alexandre Bilodeau (champion olympique et vice-champion du monde, ndlr). Ils se sont tiré la bourre sans moi. Pour moi, l’objectif sera de faire ce que j’ai à faire, en faisant abstraction d’eux. Il faut que je me focalise sur moi. Je pense que ça va très bien se passer. J’ai un ski de très bonne qualité et des sauts qui commencent à rentrer, avec des belles paraboles et une belle forme en l’air.

En bosses, comment se passent les sélections pour les JO ?

Pour l’instant, je ne suis pas sélectionnable car je n’ai pas pris de départ depuis deux ans. Je vais devoir aller chercher ma place sur les cinq premières Coupes du monde. Je vais vraiment me focaliser sur ce que j’ai à faire. Je ne vais pas me mettre la pression car, sinon, on a un ski un peu crispé et on ne s’exprime pas correctement. Contrairement au ski alpin, nous on n’a pas de dossard, c’est du tirage au sort. Que tu partes premier ou dernier, la piste n’évolue pas énormément, elle se dégrade beaucoup moins.

Pouvez-vous expliquer les spécificités de votre sport pour ceux qui ne le connaissent pas ?

On est dans un mur de bosses, qui fait entre 200 et 250 mètres de long. Ce sont, en général, des pistes noires. L’objectif est de descendre la piste le plus vite possible, le plus sobrement possible, avec deux sauts à réaliser. Il faut faire les sauts les plus gros et les plus techniques. Il y a 25% de vitesse, 25% de saut et 50% de technique. Après, les pistes ont vraiment évolué par rapport à celles de l’époque d’Edgar Grospiron (champion olympique en 1992, ndlr). Aujourd’hui, on a des pistes beaucoup plus régulières, plus faciles à skier.

Quel est votre programme désormais ?

Vu que je suis sur Paris, je m’entraîne à l’INSEP pour la préparation physique. J’ai chaussé les skis la semaine dernière, à Zermatt en Suisse. Mais pour trouver de la neige en ce moment, il faut aller sur les glaciers ou dans l’hémisphère Sud. La saison reprend le 13 décembre à Ruka (Finlande).

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