RMC Sport

Comment être bêtement privé des JO…

Xavier De Le Rue

Xavier De Le Rue - -

Initialement sélectionné pour les Jeux dans la première liste de la FFS, Xavier De Le Rue ne compte pas assez de points pour remplir les quotas olympiques. Le double champion du monde de snowcross voit ainsi s’envoler les JO.

Xavier, pouvez-vous expliquer pourquoi vous ne pouvez pas être sélectionné pour les JO ?

On pensait que pour remplir les quotas, il fallait avoir une place dans le Top 30 mondial et être dans les quotas de sa nation. Avec mon coach, on pensait que tout était bon. Et finalement, il m’a appelé en panique pour me dire qu’il fallait un minimum de points et que je ne les avais pas… Ça se joue à une place sur l’une des courses de la saison. C’est assez nul car c’est une histoire de points qui n’a rien à voir avec le classement de la Coupe du monde. Si je l’avais su avant, j’aurais pu faire une Coupe d’Europe (deuxième division, ndlr). Ça aurait suffi …

En voulez-vous quand même à vos entraîneurs ?

Non, je ne veux pas faire le mauvais perdant, je n’ai pas fait une saison grandiose. Ce n’est pas que la faute des autres. Il faut être réaliste. Je n’ai pas fait des résultats transcendants. Mais c’est le système qui est rageant. Ils ne veulent pas déroger de cette petite règle qui ne veut pas forcément dire quelque chose. J’ai encore appelé ce matin le DTN de la FFS (Fabien Saguez, ndlr). Ils ont mis la pression autant qu’il pouvait au niveau international. Mais la FIS ne veut pas se mouiller car si elle fait une exception pour moi, elle devra en faire pour tout le monde. C’est une bien triste fin de carrière… Je serai bien mieux dans ma montagne (rires).

Du coup, vous faites une croix définitive sur le snowboardcross...

J’arrête complètement ma carrière en boardercross… Ça fait huit ans que mon activité principale est plus le freeride. J’y retourne car c’est quelque chose où je m’éclate. Je m’y sens vraiment à ma place. Les Jeux Olympiques étaient un petit challenge, histoire de fermer le chapitre boardercross. Mais heureusement, il y a autre chose à côté.

William Bankes est aussi dans le même cas que vous. La saison du snowcross français est décidément cauchemardesque...

C’est la série noire qui continue. On a eu une saison abominable. On était préparé comme des guerriers et on a fait la pire saison de tous les temps. Dans la compétition, c’est bien quand on gagne, mais il faut aussi savoir accepter la défaite.

Vous serez évidemment le premier supporter de votre frère, Paul-Henri, qui sera, lui, présent aux Jeux...

Exactement (rires). Le connaissant, il va vouloir me venger. Je crois énormément en lui.

Peut-on vous imaginer consultant pendant les Jeux ?

Je m’y suis fait à l’idée et ça me plairait. Je ne me suis pas encore organisé, mais ça pourrait être un bon moyen de supporter mon frère.

Propos receuillis par Alexandre Mispelon