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De Le Rue, un miraculé à Sotchi

Paul-Henri de Le Rue

Paul-Henri de Le Rue - -

Seulement deux semaines après sa lourde chute à Andorre, Paul-Henri De Le Rue se prépare à disputer les JO de Sotchi (7-23 février). Après avoir frôlé la mort, le snowboardeur français espère retrouver la lumière sur la neige russe.

Il a bien failli ne jamais voir Sotchi. Il y a deux semaines, Paul-Henri De Le Rue a frôlé la mort lors d’une épreuve de snowboardcross en Andorre. La faute à un adversaire italien qui a dévié de sa trajectoire au moment où il s’apprêtait à le dépasser. Transporté en urgence dans un hôpital de Toulouse, le Français de 29 ans est resté dans le coma durant quelques heures. Les médecins ont même craint le pire lorsque son corps s’est mis à convulser. « Je n’étais pas loin de mourir, témoigne le médaillé de bronze des JO de Turin en 2006 (en snowboard). Les médecins ont essayé de me réveiller, sans succès. Je n’étais vraiment pas bien. Ils ont dit à mon frère : "Embrasse-le parce que c’est peut-être la dernière fois que tu le feras." Moi, je m’en fous, je ne l’ai pas vécu. Mais ça a touché mes proches. Quand je me suis réveillé, ma femme est arrivée en pleurant. »

Des pleurs qui ont vite laissé place à un nouvel objectif : être d’aplomb un mois plus tard pour disputer les Jeux Olympiques. Avec la date du 17 février (jour de l’épreuve de snowboardcross) en ligne de mire. Après une semaine de repos complet chez lui à Saint-Lary (Hautes-Pyrénées), De Le Rue a rejoint le CERS à Capbreton, dans les Landes, pour entamer sa rééducation. Avec quelques séquelles. « J’ai eu trois fractures, rappelle le miraculé. Je crachais du sang, j’ai eu des vertiges pendant un peu plus de dix jours. Le pire, c’est la fatigue. La mémoire courte aussi. Là, ça revient maintenant mais en mode "poisson rouge". Parfois, je me sens un peu idiot. Je cherche souvent les mots, ma diction n’est pas parfaite. Je suis un peu fébrile. Mais bon, c’est normal, ça va revenir. »

« Aux Jeux, j'aurai plus faim que les autres ! »

Après huit jours de remise en forme, le petit frère de Xavier doit rentrer chez lui ce vendredi pour un week-end de repos. Avant de remonter sur son surf en début de semaine prochaine. « Les docteurs n’ont pas de doute, assure celui qui se présentera en Russie avec un masque de protection. On a vraiment fait les choses étape par étape. Forcément, j’ai perdu physiquement. Aux Jeux, je serai peut-être moins performant que les autres mais j’aurai beaucoup plus faim, ça c’est sûr. Je m’y vois avec la rage de vaincre. Quel que soit le résultat, je vais donner le meilleur de moi-même et faire le "ouf ". Je vais me transcender. C’est ça le but des Jeux, c’est pour ça que c’est beau ! » Avec une médaille, l’histoire pourrait même devenir légendaire.

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Alexandre Jaquin avec Olivier Schwarz