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Lamy-Chappuis, un héros en or

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C’était un dimanche bleu sur Vancouver. Deux médailles d’or, les deux seules de ces Jeux olympiques d’hiver : après celle de Vincent Jay en biathlon, Jason Lamy-Chappuis a réalisé un énorme numéro pour décrocher l’or. Souvenez-vous…

Sur sa faim à Turin (4e) et leader incontesté de la Coupe du monde, Jason Lamy-Chappuis n’a qu’un métal en tête en débarquant à Vancouver : l’or. A 23 ans, il domine depuis le début de l’hiver sa discipline et ne compte pas trébucher sur la marche olympique. C’est un peu contracté que ce spécialiste du saut s’élance du petit tremplin. L’envol est propre, l’atterrissage juste au-delà des cent mètres. Un cinquième rang provisoire qui lui laisse de grands espoirs pour la poursuite en ski, « le plus beau moment que j’ai vécu à Vancouver, se souvient Sébastien Amiez, consultant sur place. Il nous a fait vibrer quand il se déchire dans les derniers mètres pour s’emparer de la tête, c’était vraiment énorme. »

Le vice-champion olympique de slalom (2002) a raison. Depuis trois boucles déjà, ils sont une meute à courir ensemble. L’Américain Spillane est le premier à creuser un écart qu’on croit bientôt rédhibitoire. Il entre seul dans le stade mais se retourne souvent, inquiet. Dans le rétro, il aperçoit une fusée tricolore qui tourne à plein régime. « Jez » va plus vite, skie plus fort. Mais il est parti de loin. Soufflé coupé, le public et la France entière le voit dépasser enfin le coureur US avant de lever le bras. Exténué, la ligne enfin coupée. « Il a su rester à l’abri pendant les premiers tours, il faisait moins d’efforts. Et quand il a fallu sprinter, il était là et ça s’est joué sur les cinq derniers mètres… », raconte Amiez.

Sur la caisse, l’énorme sourire du Jurassien accompagne la deuxième Marseillaise du jour. « C’était exceptionnel, le plus beau jour de ma carrière. Je jouais le podium puis j’ai senti que je pouvais être plus rapide. Ça criait dans tous les sens. C’était vraiment impressionnant », s’enthousiasme à chaud le nouveau champion olympique de ski nordique. Il aurait sûrement pu ramener une deuxième breloque. Mais, contraint par la FIS de s’envoler pour son saut dans des conditions apocalyptiques, il ne pouvait défendre ses chances sur grand tremplin. Pour tous les observateurs, un scandale inadmissible. « Ce sont les Jeux quand même. On attend ça pendant quatre ans. On n’aurait jamais du voir ça », peste encore Christel Pascal. Jason, depuis, a relativisé. Des champions olympiques français de combiné nordique, il n’y en avait qu’un avant lui, Fabrice Guy. Alors rien ne pouvait vraiment gâcher son bonheur.

Silvere Beau