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Lamy Chappuis : « Une nouvelle histoire à écrire »

Jason Lamy Chappuis

Jason Lamy Chappuis - -

Porte-drapeau de la délégation française aux JO de Sotchi, Jason Lamy Chappuis va lancer sa Coupe du monde ce week-end à Kuusamo (Finlande). Malgré son palmarès colossal, le champion olympique de Vancouver garde la même soif de victoire.

Jason, avec les Jeux Olympiques, cette saison est évidemment différente...

Oui, forcément. On sent l’engouement. La saison arrive, les JO arrivent. Ça fait quatre ans qu’on attendait ça, donc il y a beaucoup d’effervescence.

Avec quel état d'esprit allez-vous débuter la Coupe du monde ?

Je pense que ce n’est pas incompatible de jouer le général de la Coupe du monde et les JO. Par contre cette année en Coupe du monde, je vais essayer d’avoir le plus de confiance possible pour Sotchi. Je me vois mal arriver aux JO avec 100% de confiance si j’ai fait une saison pourrie en Coupe du monde juste avant. C’est vraiment marche par marche, course après course. Engranger cette confiance en se donnant à fond sur les pistes de ski de fond, car plus on se donne plus on arrive à repousser ses limites.

Les JO ont-ils changé votre vie ?

Après mon titre olympique à Vancouver, j’ai changé de statut, j’ai fait connaître mon sport et ça a changé énormément de choses dans ma vie. J’ai vécu des moments extraordinaires il y a quatre ans. J’ai encore envie d’y goûter cette année.

L'envie est-elle toujours la même ?

Oui, l’envie est la même. Je sais que les concurrents sont là pour progresser et pour essayer de me déloger. Si je veux rester aux avant-postes, il faut toujours progresser, il faut toujours aller chercher plus loin et trouver des nouveaux exercices. Je suis un compétiteur, donc j’aime bien avoir cette petite pression le jour de la compétition.

Votre plus grande émotion est-elle votre titre à Vancouver ?

Oui, je pense que c’est ma plus grande émotion. C’est l’une des plus belles courses de ma vie. Ça restera en mémoire un sacré bout de temps. Quand je revois les images, ça me donne encore des frissons.

« Pas regarder le passé si on veut avancer »

Imaginez-vous déjà votre course à Sotchi ?

Je n’aime pas trop imaginer avant. Ça brûle beaucoup d’énergie et en plus, si jamais ça ne se passe pas comme prévu, ça peut vitre être stressant. Après, j’aime bien m’imaginer là-bas et savoir où est-ce qu’on va être. Mais je ne fais pas encore des scénarios de course car il faut s’adapter le jour J. Il faut vraiment que ça soit instinctif.

Qu'avez-vous fait de votre médaille d'or à Vancouver ?

Elle est chez moi sur un présentoir. Elle est bien gardée (rires). Je la regarde de temps en temps, quand j’ai envie de me rappeler des bons souvenirs. Après, j’ai une nouvelle histoire à écrire et il ne faut pas regarder le passé si on veut avancer.

Sentez-vous que votre niveau a changé depuis les JO de Vancouver ?

J’ai peut-être un peu moins d’insouciance, mais un peu plus d’expérience. J’ai regardé les images de Vancouver et ça a quand même bien évolué, surtout au niveau du saut. J’ai l’impression que le niveau technique en saut est supérieur. Les Japonais et les jeunes Allemands commencent à être vraiment forts. On ne se rend pas compte de cette évolution, mais finalement quand on regarde les images, on se rend compte que ça a changé (rires). Moi, je n’ai plus autant de pression sur le saut car je sais que je peux rattraper mes erreurs en ski de fond. Maintenant, l’objectif au saut est d’être bien placé. La différence, je la ferai en ski de fond.

Que pensez-vous des polémiques qui touchent les JO de Sotchi ?

Forcément avec des grands événements, on entend beaucoup parler des polémiques. Franchement quand je suis allé à Sotchi la saison dernière pour la préolympique, ça ne m’a pas vraiment choqué. D’accord, tout était encore en construction. Mais je pense que tout sera prêt à temps pour qu’on puisse avoir de très belles images. Après, les décisions du CIO sont ce qu’elles sont. Nous, il faut jouer avec le terrain de jeu qu’on nous donne. Notre boulot, c’est de faire vivre l’équipe de France olympique, d’aller chercher les médailles et de donner tout ce qu’on a.

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Propos recueillis par Pierrick Taisne et Georges Quirino