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Mattel bronze à Sotchi

Coline Mattel

Coline Mattel - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

A 18 ans et 2 mois, Coline Mattel a décroché sans trembler le bronze olympique dans l’épreuve du saut à ski. Une juste récompense pour ce petit bout de femme au cran incroyable et à la trajectoire inouïe. Et ce n’est que le début.

Elle n’en a pas la morphologie, elle ne combat pas dans la même catégorie et pourtant, ce mardi soir, Coline Mattel est devenue la Teddy Riner au féminin. En décrochant le bronze olympique, le petit bout de chou des Contamines Montjoie a en effet égalé le mastodonte du judo mondial, devenu à 18 ans et 4 mois à Pékin en 2008 le plus jeune médaillé français de l’histoire contemporaine des JO d’été. Elle met même un mini ippon au monument du judo, en le devançant de deux mois. Voilà pour la petite histoire.

Pour le reste, Coline Mattel a assuré comme une vétérante du circuit. Arrivée à Sotchi avec la pancarte de candidate au podium olympique, la 3e des Mondiaux 2011 n’a pas craqué sous le poids de l’événement ni sous celui de son statut. Et quand on l’interrogeait sur le sujet juste avant la compétition, elle assurait même vouloir « gagner » et décrocher le Graal, forte de sa victoire il y a deux ans ici lors de l’épreuve préolympique. On ne lui en voudra pas de s’être trompée de métal. Ni d’être devenue la première français(e) à inscrire son nom au palmarès olympique du saut à ski.

Rendez-vous pour l'or à Pyeongchang

A 19 ans et deux mois, Coline Mattel, devancée ce mardi sur le tremplin de Russki Gorki par l’Allemande Carina Vogt et l’Autrichienne Daniela Iraschko-Stolz, déroule le film de sa carrière en accéléré. Initiée au saut à ski à l’âge de 13 ans, elle décroche le bronze mondial ainsi que la couronne planétaire chez les juniors à 16, le titre de vice-championne du monde par équipes à 18. Et donc, ce bronze olympique qui augure de lendemains qui chantent. Et d’avenir doré dans quatre ans à Pyeongchang lors des prochains Jeux d’hiver ? A n’en pas douter. En tout cas, les paris sont ouverts.

Mais ce qui épate par-dessus tout chez ce monstre de précocité doué d’une tête bien faite (elle est titulaire d’un Bac S avec mention « Très Bien » et félicitations du jury, et suit actuellement une licence d’arts du spectacle), c’est ce cran incroyable. Cet incroyable goût du vertige qui, même sous la torture, en éloignerait plus d’un du tremplin. Elle, au contraire, du haut de son 1,65m pour 57kg en redemande. Plus c’est flippant, plus c’est transcendant. « Ce que j’ai aimé, c’est d’avoir peur en haut du tremplin et le fait de vaincre cette peur. Ce sont des sensations uniques ». Comme ce podium olympique.

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De Fabrice Guy à Coline Mattel

Emu jusqu’aux larmes, Jacques Gaillard, son coach et ancien entraîneur de Fabrice Guy et Sylvain Guillaume, respectivement médaillés d’or et d’argent aux JO d’Albertville 1992, ne pouvait rêver meilleure sortie, lui qui tirera sa révérence en fin de saison après 22 ans de bons et loyaux services. Et de lâcher, alors qu’il en a pourtant vu d’autres : « Arrêter là-dessus, c'est beau. Elle est bluffante ». Tout est dit.

G.Mathieu (avec EJ) à Sotchi