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Mattel : « Ceux qui n’ont jamais eu peur sont des imbéciles »

Coline Mattel se prépare pour les Jeux Olympiques

Coline Mattel se prépare pour les Jeux Olympiques - -

EN PISTE POUR SOTCHI. Etoile montante du saut à skis français, Coline Mattel est à 17 ans l’un des espoirs de médaille pour les JO de Sotchi. La tête sur les épaules, la jeune femme prépare sa saison avec beaucoup de sérieux.

Coline Mattel, cette année est particulière avec l'arrivée du saut à skis féminin aux Jeux. On vous imagine particulièrement motivée...

Motivée à bloc ! C’est énorme ce qu’il nous arrive. Si tout se passe comme je l’ai prévu, je vais faire les Jeux. C’est le rêve de tout sportif de haut niveau. C’est l’échéance ultime. Et pour le saut à skis féminin, ce sont les premiers. C’est une première victoire après un long combat. On a toutes à cœur de donner le meilleur de nous-mêmes pour montrer à tout le monde, et à ceux qui nous ont refusé le droit de participer à ces Jeux, que ce n’était pas justifié.

Travaillez-vous encore plus ?

En saut, la préparation n’est pas différente par rapport à une Coupe du monde, mais il y a ce petit plus dans un coin de la tête. Il y a surement plus d’investissement. On n’oublie pas que tout ce qu’on fait, c’est pour les Jeux.

Vous n'avez que 17 ans. Pour vous, le saut à skis, c'est une histoire débutée il y a très longtemps...

J’ai commencé le saut à 7 ans. Je n’étais pas très grande. J’étais jeune, mais certains commencent plus tôt. On commence assez jeune ce sport. Petit, c’est peut-être le moment où on est moins conscient. Plus on commence jeune, plus on apprivoise le truc.

N'avez-vous jamais eu d'inquiétude au moment de sauter ?

Ceux qui n’ont jamais eu peur sont des imbéciles ou ils n’ont rien dans la tête. Il y a toujours eu un peu d’appréhension. Je ne suis pas tétanisée à chaque saut, mais en début de saison, sur un tremplin de 120 mètres, il y a la petite décharge d’adrénaline. Il y a ce petit truc quand je lâche la barre et que je ne peux plus faire marche arrière. Ce n’est pas de la peur, mais il y a cette petite appréhension. 

Jacques Gaillard, qui est désormais votre entraîneur, a entraîné les Français en 1992 en combiné. On imagine que c'est un vrai plus...

On en parle un peu. Mais il n’est pas du genre à se la ramener. On lui pose des questions. On lui demande s’il galérait plus avec les mecs qu’avec nous. Il nous apporte son expérience, son vécu et des choses qu’on pourrait utiliser. Je ne sais pas si c’est plus difficile avec les filles, mais en tout cas c’est différent. Au quotidien, il doit un peu s’en mordre les doigts (rires). Je ne sais pas s’il s’attendait à cela. Mais il y a de belles choses à vivre au quotidien. Je pense qu’on a de la chance de l’avoir. Je suis bien contente qu’il soit avec nous.

Il n'y a pas de neige en ce moment, est-ce les vacances pour vous ?

On n’est pas du tout en vacances. Le saut à skis ne se fait pas que sur la neige. On en fait aussi sur des tremplins d’été sur des synthétiques. C’est même là qu’on saute le plus car il y a moins de compétition. On s’entraîne encore plus. On essaye de progresser au maximum techniquement. C’est le moment pour travailler à bloc et sur la préparation physique. On fait de la musculation, de la vitesse… Avec tout ça, on n’a pas beaucoup de temps pour partir en vacances.

Avez-vous mis les études entre parenthèses, vous qui venez de décrocher le bac avec mention ?

Non, pas du tout. Je suis entrée il y a quelques jours à la fac. J’ai voulu garder quelque chose à côté. J’ai besoin d’être cadrée et occupée. Passer une année sabbatique pour ne penser qu’aux Jeux me faisait peur. J’avais peur de lâcher prise. Je continue mes études dans un cursus aménagé. Je suis en licence art du spectacle et je vais essayer de garder un pied dans les études. Je ne veux pas que le saut, sinon je risque de disjoncter.

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La rédaction