RMC Sport

Ophélie David, sa vie est un roman

-

- - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Monument du skicross, Ophélie David a tout gagné sauf une médaille olympique. La « mamy » des Bleus (37 ans) n’en fait pas une obsession mais rêve de corriger l’anomalie, ce vendredi. Gros plan sur un sacré personnage.

Premiers JO en 1994 pour... la Hongrie !

Comme Ole-Einar Bjoerndalen, Ophélie David a participé à ses premiers Jeux Olympiques en 1994 à Lillehammer ! A l’époque, elle défend les couleurs de… la Hongrie ! « Je faisais de l’alpin (slalom et géant) pour la Hongrie car je suis franco-hongroise, raconte-t-elle. J’y étais un peu en vacances, j’avais zéro prétention. Mais je me rappelle que c’était fabuleux. De toute manière, les Jeux de Lillehammer sont restés dans l’histoire comme étant les derniers avec l’esprit famille. Après, on a basculé dans une grosse industrie, même au niveau sécurité… »

Une « mamy » bondissante

A 37 ans, Ophélie est la doyenne de l’équipe de France olympique et se porte comme un charme, comme en attestent son statut de favorite et sa récente victoire juste avant les JO en Coupe du monde à Kirschberg (Autriche). « L’âge n’a aucune prise, souligne-t-elle. L’âge, la passion et l’envie sont ultra séparés. On voit bien des petits papys et petites mamies qui ont la pêche et un cœur d’enfant à des âges canoniques. Cela prouve que l’âge est obsolète. C’est sûr qu’avoir des années de compétition derrière soi, ça aide. L’expérience, c’est une base solide sur laquelle on peut à chaque fois venir s’appuyer en cas de galère. Physiquement, j’ai évolué, mais il y a certains points où je suis plus forte maintenant qu’il y a dix ans. C’est assez paradoxal. J’ai d’autres atouts. »

Elle tout gagné sauf une médaille olympique

Championne du monde en 2007, 7 fois vainqueur de la Coupe du monde et 3 fois du classeemnt général, 4 fois victorieuse des X Games et lauréate de 25 manches de Coupe du monde, Ophélie David a tout raflé sur la planète skicross. Tout sauf une médaille olympique, qui s’est refusée à elle il y a quatre ans à Vancouver (seulement 9e). « Ça ne m’obnubile pas mais c’est vrai que de ne pas avoir de titres ou de médailles olympiques sur un si beau palmarès comme ça, c’est un challenge, un défi. Ce serait parfait. Cela n’enlève rien aux performances passées et cela n’ajoute pas grand-chose au défi qu’on s’est fixé avec Romuald (Licigno, son coach). Mais c’est vrai que ce serait un joli plus. »

La reine de la débrouille

« Depuis quatre ans maintenant, j’évolue dans une team privé, le team Continental Finances. C’est une société de gestion de patrimoine qui finance mon entraineur (Romuald Licigno) et c’est grâce à eux qu’aujourd’hui, je peux continuer à courir. Il faut savoir trouver des finances à droite et à gauche. C’est aussi pour ça que l’opération « Join the gang » existe. Une espèce de fan club où l’on s’inscrit et ces inscriptions me reviennent et m’aident à financer cette cellule. Il faut savoir que le ski revient assez cher. Il y a les forfaits, les déplacements, le farte qui coûtent les yeux de la tête, c’est un truc de dingue ! Mais le retour sur investissement, c’est la passion et l’expérience que nous amènent tous ces projets et toutes ces opérations que l’on met en place pour aller jusqu’au bout. Et cela, quelque part, ça n’a pas de prix. »

Pas de quoi rouler sur l'or

« A l’année, j’en ai à peu près pour 50 000 euros. Ca fait rigoler, ça fait pas grand-chose pour certains mais ça fait beaucoup, il faut les sortir. La prime de course dans une victoire en Coupe du monde de skicross, c’est 3 000-3 500 € selon les taxes et les pays où l’on est. Il faut en gagner mais après, il y a d’autres partenaires qui viennent se greffer. Mais c’est vrai que j’y suis personnellement de ma poche. Ce qui n’est pas le cas de beaucoup quand on est dans une équipe nationale où l’on est un peu cocooné et bichonné. J’ai monté cette team privée il y a quatre ans sur les conseils de la fédération. C’est vrai que ce n’est pas toujours simple d’un point de vue financier mais pour tout le reste, c’est tellement du bonheur que ça vaut le coup. C’est un engagement total, un engagement sur tous les plans. Ce n’est pas un métier, c’est bien plus. »

E.Jay et G.Mathieu à Sotchi