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Paralympiques : Pas de ministre français à Sotchi

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En signe de protestation à la présence militaire russe en Ukraine, aucun ministre français ne sera présent ce vendredi à la cérémonie d’ouverture des Jeux Paralympiques d’hiver de Sotchi. La délégation ukrainienne ne boycottera pas les épreuves.

La décision du gouvernement est tombée. Laurent Fabius, l’a annoncé en début de matinée : il n’y aura pas de ministre français lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux Paralympiques de Sotchi, ce vendredi, pour manifester la réprobation de la France, face à la présence militaire russe en Ukraine. « Ils ne seront pas là. Qu'il y ait des ministres français là-bas, cela aurait été très inopportun », a expliqué le ministre des Affaires étrangères à la radio France Info. Ministre des Sports, Valérie Fourneyron a dû s'en remettre à Twitter pour livrer ses encouragements aux 15 athlètes de la délégation tricolore : « Pleine réussite à notre équipe paralympique! La situation empêche représentation officielle à Sotchi mais toutes nos pensées sont avec vous. » Puis de les formuler plus longuement via communiqué : « Je mesure ce que la participation aux compétitions internationales majeures représente en termes d’investissement personnel et d’heures d’entraînement pour chaque athlète. Je souhaite donc qu’à l’occasion des Jeux de Sotchi les objectifs personnels de nos sportifs et les objectifs collectifs de notre équipe nationale soient atteints. Au nom du gouvernement, j’assure la délégation française du soutien de la nation tout entière. »

Craven : « Très déçu »

De son côté, le président du comité international paralympique, Philipp Craven, a fait part de ses regrets au sujet de cette décision hexagonale : « Je suis très déçu, et je pense aux athlètes français, qui doivent être déçus aussi. Ils doivent se dire qu'on ne parle plus de sport mais de politique. Bien sûr, les politiques doivent faire leur travail... mais oui je suis très déçu. » Le président russe, Vladimir Poutine, sera quant à lui bien présent ce vendredi. Autre interrogation qui a trouvé sa réponse ce vendredi matin : la participation ou non de la délégation ukrainienne, dont le pays est impliqué dans une situation d'extrême tension avec la Russie autour de la Crimée.

Président du comité paralympique ukrainien, Valeryi Shushkevich a annoncé que sa délégation allait bien participer à ces Jeux paralympiques. Pas de boycott, donc. Mais pas d'oubli non plus. Bien au contraire. « Mes athlètes déclarent leur droit à la paix et au sport, a indiqué Shushkevich. L'équipe ukrainienne a un désir colossal d'apporter la paix à son pays, à l'Europe et au monde. C'est très important que les politiques en Ukraine comprennent notre position. Si nous quittons les Jeux, on ne fera que rester assis devant notre télé et on ne pourra que pleurer. Ici, on essaie de promouvoir la paix. Durant les Jeux paralympiques, toutes les actions militaires doivent cesser. » Une déclaration d'intention que le président du comité paralympique ukrainien n'a pas hésité à transmettre à Vladimir Poutine, en visite au village paralympique jeudi soir : « J'ai parlé à M.Poutine pendant une demi-heure. Je n'ai eu que peu de temps pour lui parler. Je lui ai fait part de ma requête pour la paix. Je lui au demandé que nous ayons la paix ces Jeux. Que des choses soient faites pour la paix. Je n'ai pas parlé de politique. »

Sans surprise, Philipp Craven soutient le choix de la délégation ukrainienne :« Il y a déjà eu, dans le passé, des sujets de tension autour de nombreux Jeux olympiques ou paralympiques. Mais nous sommes là pour le sport, pour les athlètes et leurs performances. » Le comité international paralympique a également réagi à cette décision via le directeur général de l’organisation, Xabi Gonzalez, très satisfait : « Nous sommes très heureux de la décision de l’Ukraine, car nous voulons que le sport prime. Toute la semaine, nous avons travaillé de manière très rapprochée avec le comité paralympique ukrainien pour les convaincre de rester à Sotchi. En parlant avec les athlètes, nous savions que leur désir était de rester et de concourir, c’est dans leur sang et dans leur nature. Tous les athlètes présents ici se sont préparés pendant au moins quatre ans pour cet évènement. C’est leur droit d’avoir l’opportunité de participer. »

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La rédaction