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Pourquoi le slopestyle pourrait disparaître des JO d’hiver

Yuki Tsubota

Yuki Tsubota - -

Apparue pour la première fois dans le concert olympique lors des Jeux d’hiver de Sotchi, le très spectaculaire slopestyle inquiète le CIO par son taux trop élevé de blessures. Au point de remettre en cause son avenir aux JO.

Nouveau venu au programme olympique, le slopestyle – ski et snowboard – a fait souffler un vent de fraîcheur spectaculaire sur les Jeux d’hiver de Sotchi. Parfaite pour attirer les jeunes, la discipline représente une partie de l’avenir des sports hivernaux. Sauf que le Comité international olympique (CIO) ne l’entend pas tout à fait de de cette oreille. Et commence déjà à remettre en question son avenir dans le concert olympique. Le pavé dans la mare est signé Lars Engerbretsen, responsable des activités scientifiques du département médical et scientifique du CIO.

En charge du programme recensant les blessures des athlètes lors des quatre dernières éditions des JO, hiver comme été, ce chef médecin du comité olympique norvégien s’est exprimé via Associated Press pour évoquer le taux de blessure ayant touché les épreuves de slopestyle à Sotchi, un taux plus important que pour n’importe quel autre sport lors de ces Jeux : « Il était à un niveau inacceptable, trop élevé pour un sport olympique. Quelque chose doit être fait dans ce sport. » De quoi imaginer un avenir en pointillés ? « Voilà ce que je ressens : ce sport doit changer ou alors on ne doit plus l’avoir aux JO, estime Engerbretsen. Le CIO ne suivra peut-être pas mon avis mais si rien n’est fait pour la sécurité, le slopestyle pourrait perdre sa place. »

Le forfait de Shaun White

Selon Engerbretsen, si le comité exécutif du CIO finissait par opter pour ce choix, il ne devrait toutefois intervenir qu’après les JO d’hiver 2018 de Pyeongchang (Corée du Sud), ce qui laisserait au slopestyle une nouvelle chance. Engebretsen précise également que des experts sont actuellement en train d’enquêter pour connaître les raisons du nombre élevé de blessures en slopestyle à Sotchi. Ces dernières peuvent se révéler multiples. « On vérifie la piste, la neige, les équipements utilisés, etc., explique-t-il. Il y a beaucoup de choses à discuter. » D’autant que la popularité grandissante du slopestyle à cause des JO oblige à la prudence. « Quand un sport est aux Jeux, il devient tendance et les gens veulent faire pareil, explique Engebretsen. Le slopestyle est une discipline excitante, peut-être même trop, et c’est en partie pourquoi nous devons faire très attention à ce que nous faisons avec ce sport dans l’avenir. »

Pour rappel, la superstar américaine Shaun White (snowboard) avait renoncé au slopestyle à Sotchi après s’être blessé au poignet gauche à l’entraînement et avoir jugé le parcours « trop risqué ». Toujours en snowboard, le Norvégien Torstein Horgmo s’était cassé la clavicule sur un saut. Du côté du ski, les femmes avaient le plus subi sur un parcours mal dimensionné pour leurs qualités : cheville fracturée pour l’Américaine Maggie Voisin et blessure à la mâchoire pour la Canadienne Yuki Tsubota suite à une terrible chute. Les déclarations de Lars Engerbretsen, elles, font déjà beaucoup réagir dans le monde du ski freestyle, où peu comprennent l’attitude du CIO envers leur discipline quand les risques et les blessures des autres sports – la descente, par exemple – semblent beaucoup mieux acceptés. Sans oublier ceux qui refusent la possibilité d’un slopestyle aseptisé pour mieux plaire au CIO ou ceux qui rejettent toute la faute sur l’organisation et le parcours créé en Russie.

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Alexandre Herbinet