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Amiez : « Quand je mets 63 centièmes dans les dents à Albrecht… »

Sébastien Amiez

Sébastien Amiez - -

RMC Découverte propose mardi 21 janvier à 20h45 un documentaire exceptionnel sur « Les destins en or du ski français ». Parmi eux, figure Sébastien Amiez, qui a vécu un moment unique en 2002 à Salt Lake, avec sa médaille d’argent.

Sébastien Amiez, en 2002, vous êtes neuvième après la première manche du slalom. Quand vous prenez la tête lors de la seconde, vous avez une dizaine de minutes d'attente avant le dénouement final. Comment avez-vous vécu ce moment ?

C’était une attente interminable. Je m’élance, j’arrive en bas et je suis premier devant Kilian Albrecht, qui avait fait une grosse saison cette année-là. Je lui mets 63 centièmes dans les dents, donc je me dis que j’ai peut-être fait une belle manche qui va me permettre de revenir dans les cinq premiers. Il y avait tellement d’écart sur les trois premiers que ça me semblait compliqué. Et finalement, j’ai grignoté, grignoté, grignoté. A partir du moment où j’étais au moins 4e, l’attente m’a paru très longue. Tu te dis qu’il faut au moins en battre un pour que la médaille de bronze soit là. Ça m’a souri et je suis allé jusque la médaille d’argent. C’est le plus beau souvenir qu’il me reste.

Quel est le sentiment qui domine quand vous êtes certain d'être médaillé olympique ?

Dès que je suis certain d’être sur le podium, c’est la délivrance. J’ai fait Lillehammer en 1994. J’étais tout jeune, je découvrais les JO. En 1998, ça a été vraiment un échec, alors que je sortais de deux grosses saisons (14e place à Nagano, ndlr). En 2002, je n’étais vraiment pas parmi les favoris, mais j’étais quand même 11e mondial avant les Jeux. Je faisais donc partie des outsiders, avec un palmarès et de la bouteille. Je me suis servi de tout ça. J’avais passé un été très délicat à cause de mon dos, je n’avais pas skié pendant deux mois et je n’ai pas pu m’entraîner physiquement. Je suis monté en puissance durant le mois de janvier. Et j’avais un peu tout misé sur les Jeux. C’est facile à dire, mais j’avais tout calculé pour arriver le jour J sans avoir mal au dos et avec un état de fraicheur meilleur que les autres.

Le Français Jean-Pierre Vidal s'élançait en dernier. Même si c'était votre compatriote, vous aviez forcément envie qu'il fasse une faute et qu'il soit derrière...

Je ne voulais pas qu’il sorte, mais je voulais qu’il arrive en bas et qu’il soit derrière. C’est le sport (rires). Cette deuxième manche était très, très compliquée. Il fait une faute 20 secondes après s’être élancé. Et là, j’espérais qu’il en fasse encore une. Après, on est quand même des seigneurs. Mais moi, ça ne changeait pas grand-chose que je fasse premier ou deuxième car ça a été médiatisé comme un doublé olympique. Surtout que j’avais déjà un passé, avec mes victoires en Coupe du monde et mon titre de vice-champion du monde. Les gens aujourd’hui se souviennent du doublé et pas du champion olympique.

Avez-vous été déçu que Jean-Pierre Vidal passe la ligne d'arrivée devant vous ?

On reste compétiteur et tu as envie que tout le monde termine derrière toi, même ton pote. Mais ce que Jean-Pierre (Vidal) a fait, c’est énorme car il découvrait vraiment le circuit de la Coupe du monde. Et sur sa première année, il est arrivé en étant favori aux Jeux Olympiques. Il gagne la première manche et il vient chercher la médaille d’or sur la deuxième. Pour un athlète jeune, qui n’a pas encore beaucoup d’expérience, c’est énorme ! Bravo à lui.

Dans le cadre de sa nouvelle collection intitulée « Les grands moments du sport », RMC Découverte vous propose de découvrir mardi 21 janvier à 20h45 un document exceptionnel de 70 minutes consacré aux « Destins en or du ski français », coproduit par RMC découverte et RMC Sport.

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La rédaction