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Des stars en colère

Carlo Janka

Carlo Janka - -

La piste du Kandahar attise la colère des plus grands skieurs de ces championnats du monde. Après les accidents de cet hiver en Coupe du monde, la descente de Garmisch-Partenkirchen (samedi pour les hommes, dimanche pour les femmes) provoque la polémique.

Ils totalisent des dizaines de médailles olympiques ou mondiales. Ils ont dompté les pistes les plus difficiles d’Europe ou d’Amérique du Nord. Mais la piste du Kandahar, glacée et bosselée, les inquiète. Et la polémique enfle à Garmisch-Partenkirchen après les accidents en Coupe du monde. Car les mauvais pressentiments se succèdent pour les descentes hommes (samedi, 11h) et femmes (dimanche, 11h).

Lindsey Vonn, pour se rassurer, a fait l’entraînement de jeudi en anorak et en pantalon. Un look décontracté car l’Américaine ne cherchait pas à prendre de la vitesse et pourrait déclarer forfait pour dimanche. Le Croate Ivica Kostelic, lui, zappera la descente et le super-combiné pour privilégier le slalom et le géant. Comme le Suisse Carlo Janka. Trois stars qui renoncent ou sont sur le point de le faire.

Les autres se présenteront bien dans le portillon de départ. « La piste est extrêmement difficile, confirme le Norvégien Aksel Lund Svindal, champion olympique du Super-G à Vancouver. C’est très fatiguant. Je n’aime pas trop cette piste et je ne pense pas que beaucoup de gars vont l’aimer. » Didier Cuche, très expérimenté (36 ans) et considéré comme le meilleur descendeur du monde, dénonce lui une course au spectacle.

Cuche dénonce une course au spectacle

« A Chamonix et à Kitzbühel, on a parlé des chutes, explique le Suisse. Or, tout était parfaitement construit. Là, c’est un champ de patates. Il ne faut pas entrer dans une concurrence entre organisateurs pour faire la piste la plus difficile. Si on me demande si c’est la piste la plus dangereuse, je réponds malheureusement que oui. »

Le danger les accompagne pourtant souvent quand ils dévalent les pentes à 120 ou 130 km/h. Il nourrit même leur attrait pour cette discipline et Aksel Lund Svindal rappelle que « toutes les descentes sont dangereuses ». Mais cette fois, plus encore que d’habitude, ils devront faire abstraction des risques pendant deux minutes. C’est le temps qu’il leur faudra pour en voir le bout. Elles seront longues. Très longues.

Laurent Picat avec JS à Garmisch-Partenkirchen