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Kitzbühel, la descente de la mort

Adrien Théaux avait terminé 3e l’an passé à Kitzbühel.

Adrien Théaux avait terminé 3e l’an passé à Kitzbühel. - -

Presque un an après la gravissime chute de l'Autrichien Hans Grugger, les skieurs retrouvent ce week-end la redoutable piste de la Streif en Coupe du monde. A Kitzbühel (Autriche), les (graves) accidents sont fréquents. Aux descendeurs de composer avec ce risque permanent.

« Au départ à Kitz’, cela ne rigole pas. Mine de rien, on joue avec notre vie ». Quand Johan Clarey évoque la descente de Kitzbühel, le Français sait de quoi il parle. Et n’en mène pas large. L’an dernier, à la même époque, l’homme de la Clusaz a vu la mort de près. Précédant Hans Grugger qui a lourdement chuté durant son entraînement, l’expérimenté Johan Clarey (31 ans) a failli assister en direct au décès du skieur autrichien, tant la chute de ce dernier fit craindre le pire. « Après, c’était difficile de s’élancer, confie-t-il. Je revenais de blessure et j’avais déjà pris un gros carton à Val-Gardena. Ce jour-là, je me souviens de voir partir Grugger juste devant moi. Ensuite, je le vois disparaître et ne pas atterrir. J’attends une vingtaine de minutes dans le portillon et je vois l’hélicoptère arriver. Tout ça, je vous garantis qu’au moment du départ, ça fait réfléchir… »

Théaux : « On est loin d’être fou »

A l’instar de Johan Clarey, Hans Grugger, victime d'un grave traumatisme crânien, de multiples fractures aux cervicales et aux côtes et d'un écrasement des poumons, ne peut oublier ce terrible accident. A tel point que l’Autrichien s’est depuis retiré de la compétition. Jadis fou de vitesse, il préfère désormais pratiquer le télémark et le ski de fond à ses heures perdues, en attendant de reprendre peut-être la descente dans quelques mois. Absent ce week-end, Grugger n’aura donc pas l’occasion de voir ses anciens compères frôler les 140 km par heure dans le schuss final. « Même si on se jette dans le vide, on est loin d’être fou, assure Adrien Théaux, 3e l’an passé à Kitzbühel. Oui, on prend des risques. Mais contrairement à ce que les gens pensent, tout est réfléchi ». « Il faut qu’il y ait des passages dangereux, sinon ce n’est plus de la descente, reprend Yohan Clarey, 2e des entraînements, mercredi. Donc c’est pour ça que, nous, les skieurs, on aime ça. Dans la Streif, on ne fait qu’accélérer. On est dans l’extrême ».

Pour autant, la chute impressionnante de Krugger n’a pas été sans conséquence. Le problème de la sécurité a, du coup, été évoqué. Patrice Morisot, entraîneur des descendeurs français, précise : « Ici, il y aura toujours des chutes et des accidents. Faut juste espérer des accidents moins graves. Mais ça fait partie du ski. C’est horrible de dire ça mais Kitzbühel a fait son nom autour de ça ». La légende continue, coûte que coûte.