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Kitzbühel : le baptême de Pinturault

Alexis Pinturault

Alexis Pinturault - -

Alexis Pinturault fera ses grands débuts samedi sur la descente de Kitzbühel, lieu mythique du circuit. Le Français se lance dans le grand bain avec l’espoir de marquer des points précieux pour le classement du super-combiné.

Une cabane de départ à 1 665m d’altitude, avec vue imprenable sur la vallée. Près de 3,5 km de course à travers la terrible montagne de Hahnenkamm. Des passages à 85 % de pente maximale, comme dans le « Mausefalle » (« piège à souris » en français). Des sauts de plus de 60 mètres de long et une vitesse pouvant aller jusqu’à 140 km/h dans le Zielchuss, dernier ligne droite de la course. Bienvenue sur la mythique descente de Kitzbühel ! Alexis Pinturault aura le droit ce samedi à son grand baptême sur « la Streif ». La nouvelle star du ski français va prendre pour la première fois de sa carrière le départ de la plus belle descente du circuit, théâtre des plus grands exploits mais aussi de chutes spectaculaires, comme celle du Suisse Daniel Albrecht, qui avait frôlé la mort en 2009, après s’être littéralement envolé dans le final.

« Les 30 premières secondes, tu pars le couteau entre les dents parce que sinon, c’est la piste qui te le rend, raconte Pinturault. Forcément après, tu dis ‘‘ouf ! Ça y est, j’ai déjà fait ça.’’ Mais il ne faut pas non plus s’endormir, il faut chercher la vitesse. Les 30 dernières secondes, il faut serrer les dents et c’est rock-and-roll. Mais j’aime le rock-and-roll. » A 21 ans, le skieur de Courchevel s’élancera pour sa quatrième descente en Coupe du monde. En plus de marquer de précieux points pour le classement général du combiné, où il occupe la tête depuis sa victoire à Wengen, la « pépite » du ski tricolore espère prendre du plaisir sur cette piste historique, où même Jean-Baptiste Grange ne s’est jamais aventuré.

Clarey : « Il faut des couilles »

« C’est la piste de vitesse à faire dans une carrière, assure le natif de Moûtiers. A la reconnaissance, tous les autres athlètes viennent te voir en te disant : ‘‘c’est ta première fois, tu vas voir, tu vas t’amuser !’’ Comme disent les descendeurs, je pense qu’il faut les avoir bien accrochés pour y aller. » Le petit nouveau de « la Streif » peut néanmoins compter sur les conseils de ses collègues français… mais aussi sur leur ironie. Avec trois descentes de Kitzbühel à son actif, dont une 5e place l’année dernière, Johan Clarey n’a d’ailleurs pas manqué à la tradition.

« On l’a attendu en bas du premier entrainement car c’est un peu la tradition pour les tous jeunes : on l’attend et on l’applaudit, raconte le skieur de La Clusaz. Mais, je ne me fais pas de souci pour Alexis. Il a la technique, il a la tête, il a envie d’aller vite et ça va être un grand moment pour lui aussi. Il faut des couilles, ça c’est sûr. Ce n’est pas très subtil mais c’est le mot. » Quarante-troisième des deux premières séances d’entraînement, Alexis Pinturault devra avoir son cœur bien accroché samedi (à 11h30) sur une piste qui s’annonce bien glacée. « Ça devrait être l’une des éditions de Kitzbühel les plus difficiles de ces dernières années », estime Adrien Théaux, troisième ici en 2011. L’enfant de Courchevel ne pouvait donc pas rêver mieux comme baptême…