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Lamy-Chappuis n’abdique pas

Jason Lamy-Chappuis

Jason Lamy-Chappuis - -

Grand favori du combiné nordique (petit tremplin et ski de fond) des Mondiaux d’Oslo disputés ce samedi, Jason Lamy-Chappuis a fini à une décevante 15e place. Le Jurassien concentre désormais tous ses efforts sur l’épreuve par équipes, lundi.

« J’avais mal aux jambes, mal aux bras. Je n’ai pas réussi à mettre du rythme dans mon ski. » Jason Lamy-Chappuis dans le texte. A l’heure d’analyser sa 15e place au combiné nordique des Mondiaux d’Oslo, le Jurassien ne se cherche aucune excuse. Mais dresse plutôt un constat lucide. « Dix minutes avant la course, il a commencé à neiger. C’était vraiment compliqué. J’ai essayé de suivre Gottwald, je me suis mis dans le rouge. Dixième ou quinzième, ça ne change pas grand-chose finalement. »

Champion olympique de la discipline, leader de la Coupe du monde, « Jèz » a manqué son rendez-vous avec l’or mondial. La seule breloque manquant à son palmarès, c’est l’Allemand Eric Frenzel qui a eu le luxe de l’arracher, devant son compatriote Tino Edelman et l’Autrichien Felix Gottwald. Frenzel, déjà en tête à l’issue du saut en petit tremplin où le Français avait dû se contenter de la 3e place. Un début d’explication ? « Cette saison, à chaque fois que Jason a remporté une étape de Coupe du monde, il avait fait de gros écarts en saut, observe Nicolas Michaud, directeur de l’équipe de France de saut et de combiné nordique. Jason n’a pas le niveau de ski de fond qui était le sien l’année dernière. A l’époque, même mal classé, il était capable d’aller chercher la gagne. »

« Jason n’est pas un extraterrestre »

L’intéressé le dit lui-même. Physiquement, il n’a pas été « présent. » Pas suffisamment en tout cas pour titiller les meilleurs sur les 10 kilomètres de ski de fond. La faute à un mois sans compétition entre son succès à Chaux-Neuve le 23 janvier dernier et l’ouverture des Mondiaux d’Oslo. « Tout le monde pense qu’avec Jason dans l’équipe, il y a une médaille assurée à la clé, insiste Nicolas Michaud. Ce n’est pas automatique. Jason n’est pas une machine, ni un extraterrestre. Il a, comme tout sportif de haut niveau, des jours plus compliqués. » Le Français en espère d’autres en tout cas. Son esprit est déjà tourné vers l’épreuve par équipes de lundi. « On est toujours dans le coup au tremplin, confesse Lamy-Chappuis. Et sur cinq kilomètres, les choses peuvent nous sourire plus facilement que sur dix. » Optimiste. Comme son boss, qui le voit toujours rafler un titre mondial en Norvège. « Quand on arrivera sur gros tremplin, on verra des configurations différentes. Jason affectionne le gros tremplin. D’ici là, son niveau aura évolué sur le fond. Il peut encore être champion du monde. » Une jolie prémonition ?

Alix Dulac avec Jérôme Sillon à Oslo