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Le géant petit village d’Adelboden

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Ted Ligety, actuel leader de la Coupe du monde de géant, et ses adversaires vont être mis à l’honneur ce week-end à Adelboden, dans le temple de la spécialité. Comme chaque année, les 40 000 spectateurs seront présents dans le petit village suisse, lieu de la première classique de la saison.

Entre bottes de paille et bouses de vache, les géantistes vont attaquer samedi la première des grandes classiques de janvier, la mythique piste d’Adelboden. Incontournable depuis sa première course de Coupe du monde organisée ici en 1967, le temple du géant est surtout devenu célèbre pour son impressionnant mur final, « le Zielhang », et sa pente à 60%. « J’ai vu une photo de la piste l’été et en fait, c’est une barre rocheuse, raconte Cyprien Richard, vainqueur ici en 2011. Ils l’aménagent exprès pour la course et le reste du temps, ce n’est même pas une piste pour les touristes. C’est atypique, il travaille vraiment la neige en la plaquant sur la roche pour nous faire une piste. C’est donc très raide. »

Petite station de ski de 3 600 habitants des Alpes bernoises, Adelboden va se transformer, comme chaque année, pour accueillir les 40 000 spectateurs attendus. Comme à leur habitude, les organisateurs installeront ainsi deux immenses tribunes dans l’ère d’arrivée. Sous le résonnement des cloches, les milliers de drapeaux suisses vont être agités samedi. La sono va cracher à plein tube une chanson populaire («Ganz Oberland ist schön»), dont le refrain vante la beauté de la région bernoise.

Missillier : « Un petit chaudron »

 « C’est vraiment un petit chaudron, explique Steve Missillier. Quand on descend, ça résonne et donc on peut entendre la musique qu’ils mettent à fond. On sait où on est. C’est agréable et impressionnant. » A l’image du Lauberhorn de Wengen ou de la Streif de Kitzbuhel pour les épreuves de vitesse, la piste du Chuenisbargli est reconnue comme étant « la Mecque du géant ». Mais ce qui fait surtout le charme de ce petit village suisse, c’est évidemment sa succession de fermes … encore en activité.

« On a l’impression de passer dans le jardin des gens », ironise Thomas Fanara. Cyprien Richard, qui a décroché ici sa seule victoire sur le circuit Coupe du monde, se souvient de son premier géant sur cette piste d’Adelboden en 2000. « Je me souviens qu’en 2000, la cabane de départ était une veille ferme en activité. Il y avait des vaches à l’intérieur et on partait à côté. Ça n’arrive nulle part ailleurs. On prenait un téléski pour monter et les gamins nous tapaient dans les mains en montant. Ça m’a marqué. » Aujourd’hui, l’environnement s’est un peu modernisé, mais les fermes sont toujours bien là…