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Les Français si proches… et si loin

Alexis Pinturault

Alexis Pinturault - -

Avec quatre géantistes dans le Top 10, les Bleus ont réalisé un superbe tir groupé ce samedi, à Adelboden (Suisse). Mais aucun d’entre eux n’est monté sur le podium, dominé par l’Autrichien Marcel Hirscher (2’42’’50).

« On tourne autour, on tourne toujours autour. » David Chastan, chef du groupe technique de l’équipe de France, ne s’y trompe pas. Les géantistes tricolores semblent si proches des sommets mais sont pourtant toujours aussi loin... Un doux oxymore qui témoigne malheureusement du nouveau tir groupé des skieurs de l’Hexagone ce samedi sur l’exigeante piste du village fermier d’Adelboden. Entre fermes et tas de fumier, on n’y a vu que du bleu. Ou presque… 

Cyprien Richard (5e), Alexis Pinturault (7e), Thomas Fanara (8e), Steve Missillier (9e). Un beau quatuor, bien installé dans le Top 10 mondial. Ce n’est pas la première fois que les « 4 mousquetaires », comme l’on surnomme leurs homologues du tennis, parviennent à réaliser pareil tir groupé. En mars dernier à Kranjska Gora (Slovénie), les quatre géantistes avaient réalisé une performance semblable, à une exception près puisqu’Alexis Pinturault avait décroché la deuxième place. Mieux encore, depuis le 6 février 2011 et le géant d’Hinterstoder, on a toujours trouvé au moins un Français parmi les dix premiers. 

« Faire deux manches pleines »

Des Bleus qui squattent le Top 10 mais qui ne parviennent pas pour autant à décrocher les podiums… Seul Alexis Pinturault est parvenu à monter sur la boîte cette saison à Sölden en octobre dernier. « On s’installe dans les meilleurs mondiaux de la discipline. J’espère qu’on va enfin pouvoir concrétiser avec un podium », affirme David Chastan. « On doit encore travailler sur la sérénité. On fait beaucoup de fautes aujourd’hui qui nous coûtent cher. Il nous faut vraiment deux manches pleines pour pouvoir aller jouer les sommets », explique le patron du groupe technique tricolore.

Appuyer là où ça fait mal. Sur les deux manches, les quatre skieurs français peuvent se mordre les doigts. Alexis Pinturault, coupable d’une « faute de gosse juste avant le plat de la ligne d’arrivée », selon les mots de David Chastan, aurait largement pu prétendre à un meilleur classement. Avec le deuxième meilleur temps de la seconde manche, le skieur de Moutiers avait le ski pour se hisser sur le podium, voire mieux… Sans oublier l’étonnante quatorzième place de Thomas Mermillod Blondin, la dix-huitième de Gauthier de Tessières et l’encourageante prestation de Jean-Baptiste Grange, dans le coup… avant sa chute à trois portes de l’arrivée. La prochaine sera-t-elle la bonne ? 

Alexandre Mispelon