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Les géantistes français en barrage olympique

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Dernière course de la spécialité avant l’officialisation de la sélection pour les JO de Sotchi (7-23 février), le géant d’Adelboden (Suisse) va décider, ce samedi, qui des cinq skieurs français n’aura pas son ticket pour les Jeux.

Sur le côté, il n’en restera qu’un, sacrifié sur l’autel des critères de sélection. Avec quatre places dans son contingent olympique pour Sotchi (7-23 février), mais… cinq représentants dans les 14 meilleurs spécialistes de la planète, le géant masculin français fait face à un choix cornélien qui pourrait vite virer au crève-cœur. Une décision dont les contours vont se finaliser ce samedi à Adelboden, en Suisse, pour un géant qui entame la campagne des « classiques » en Coupe du monde et qui sera surtout la dernière course pour obtenir son billet olympique dans la discipline. Car les sélections seront arrêtées au 27 janvier, soit avant le géant de Garmisch.

Bien sûr, les cinq ne sont pas sur la même ligne. En pointe, on retrouve Alexis Pinturault, vainqueur du géant de Garmisch l’hiver dernier, deux fois sur le podium cette saison (deuxième à Sölden et Alta Badia) et jamais en-dessous du top 5. Sauf catastrophique blessure, sa sélection est assurée. A Adelboden, le Français sera plutôt en quête d’un premier succès cet hiver. « Je ne suis pas focalisé là-dessus, explique Pinturault. Bien entendu, pour la confiance, ça peut être un peu mieux d’arriver avec une victoire. Mais les podiums y font tout autant. Si tu arrives sans victoire, tu es même plutôt un outsider qu’un favori et ça peut servir. Mais si je peux en saisir une, je ne lâcherai pas l’affaire. » 

Faivre : « Je la veux très fort »

Derrière Pinturault, troisième de la Coupe du monde de la spécialité l’hiver dernier, Thomas Fanara passe pour l’autre skieur ayant assuré son ticket pour les Jeux grâce à sa deuxième place à Val d’Isère. « Mais je me sens encore sous pression », nuance-t-il. Les deux derniers tickets se joueront entre Mathieu Faivre, quatrième à Beaver Creek, Cyprien Richard, trois fois dans le top 15, et Steve Missilier, quatrième à Sölden. « Les calculs et les choses qu’on ne maitrise pas, si je pense à ça, je suis mort, lance Richard. J’ai quand même de l’expérience, je sais comment ça se passe. La seule façon d’y être, c’est de m’exprimer pleinement et de penser à moi. »

Et Faivre de paraître un peu moins serein : « J’ai un peu du mal à me l’enlever de la tête. Il faudra que j’arrive à faire abstraction de tout ça pour réussir à skier plus relâché et réussir à mettre en place ce que je sais faire. A l’entraînement, ça s’est plutôt très bien passé. Il faut réussir à remettre tout ça en place en essayant de faire abstraction de cette qualification pour JO, même si je la veux quand même très fort. » Aucun critère de sélection précis, les places se décideront selon l’appréciation des entraîneurs. Avec l’attitude et la performance de ce samedi qui auront leur importance.

« On va se baser sur les résultats et les critères sportifs mais peut-être pas que, confirme David Chastan, l’entraîneur du groupe technique masculin. La course de samedi va être importante pour plusieurs d’entre eux. Pour l’instant, c’est assez serré. » Convaincu qu’une telle bataille sous pression va préparer les Bleus à celle de Sotchi, Chastan compte monter un groupe où les quatre skieurs seront « médaillables » en Russie.

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A.H. avec G.Q. à Adelboden