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« MMA », leader malgré elle

Marie Marchand-Arvier

Marie Marchand-Arvier - -

Après les blessures de Marion Rolland et Tessa Worley, Marie Marchand-Arvier a endossé, malgré elle, le rôle de leader de la vitesse féminine française. La skieuse des Contamines testera son nouveau statut dès samedi sur la descente de Val d’Isère.

En ski, tout va vite. Même très vite. Et la vitesse féminine française en a eu la douloureuse confirmation. A la veille de la descente de Val d’Isère, les Bleues doivent faire face aux forfaits de leurs deux leaders : Marion Rolland, championne du monde de descente, et Tessa Worley, la Française la plus rapide en Super-G en ce début de saison. Marie Marchand-Arvier va donc devoir assumer seule les chances tricolores en vitesse féminine en février prochain aux Jeux Olympiques de Sotchi. Un rôle de leader qu’elle aurait sans doute préféré gagner grâce à ses performances sur la piste. Mais « MMA » est bien loin d’avoir réussi son début de saison.

La skieuse des Contamines n’est pas parvenue à se hisser une seule fois dans le Top 10 depuis le début de l’hiver (20e et 22e des descentes de Lake Louise, 26e du Super-G de Lake Louise, 14e de la descente et 39e du Super-G de Beaver Creek, 30e du Super-G de Saint-Moritz). Des résultats bien loin de ses ambitions affichées au début de la saison. « Les ambitions sont un peu modifiées. J’étais un peu en sur-confiance en abordant les courses, reconnaît-elle. J’ai été un peu polluée par mes envies de résultat et mes envies de bien faire et ça a été un peu trop lourd à porter. Ce n’est pas de la colère qu’il me faut mais de la confiance. L’idée, ça va être de me faire plaisir. J’ai fait des coupes d’Europe pour retrouver des sensations. J’ai besoin de me rassurer et de me rappeler que je sais bien skier. L’objectif, c’est les Jeux. Il faut que je modifie mon approche de la course. »

Marchand-Arvier : « Ce n'est pas facile d'être seule »

Vice-championne du monde du Super-G aux Mondiaux de … Val d’Isère en 2009 (sur la piste de Solaise et non sur l’Oreiller Killy où aura lieu la descente samedi), Marie Marchand-Arvier reste évidemment l’une des références de la vitesse française. Avec cinq podiums en Coupe du monde et un bon nombre de Top 10, la skieuse de 28 ans est toujours capable de coups d’éclat. Mais la saison dernière, alors que Marion Rolland devenait championne du monde, elle a été marquée par sa contre-performance aux Mondiaux de Schladming (14e en Super-G et en descente). Si elle relève la tête quelques semaines plus tard, en prenant la 3e place de la descente de Méribel, la native de Laxou doit tout de même se reconstruire, avec notamment le soutien d’une préparatrice mentale, qui la suit au quotidien. Un accompagnement qui sera sans doute précieux pour l’aider à assumer son nouveau rôle de leader. Un statut qui n’est pas sans stresser la Française.

« La blessure de Marion Rolland a été un coup dur pour notre groupe. J’ai perdu une collègue d’entraînement, qui me tirait vers le haut et je m’en rends compte vraiment maintenant, explique-t-elle. J’ai beaucoup de poids sur les épaules et même si je disais que ça n’allait rien me faire, ça n’a pas été facile. C’est pour ça que j’essaie un peu de me détacher de tout ça. Il faut essayer d’être indulgent. Ce n’est pas facile d’être seule. Il y a une époque où on était quatre filles dans les 30 premières en Coupe du Monde de descente, avec Ingrid Jacquemod, Aurélie Revillet, Marion Rolland et moi. Et là je suis toute seule ! Il y a des jeunes qui vont bien, mais ce n’est pas la même chose. » Marion Rolland a prouvé l’année dernière à Schladming que les Françaises étaient capables de réaliser un gros coup sur une course d’un jour. Marie Marchand-Arvier ne perd d’ailleurs pas de vue son objectif olympique. Sur son profil Twitter, elle assume complètement ses ambitions pour Sotchi : « Go for Gold »…

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Alexandre Mispelon avec Georges Quirino