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Mondiaux de ski : la médaille qui doit faire décoller Pinturault

Alexis Pinturault a décroché sa première médaille aux Mondiaux

Alexis Pinturault a décroché sa première médaille aux Mondiaux - AFP

Très attendu, Alexis Pinturault a décroché sa première médaille aux Mondiaux ce vendredi en géant (3e). Pour l’entourage du Français, elle peut le propulser vers les sommets lors des prochaines grandes échéances.

Il n’a que 23 ans et certains laissent échapper le mot « enfin » à l’évocation de sa performance du jour. Alexis Pinturault est monté ce vendredi à Beaver Creek sur son premier podium en championnats du monde de ski alpin, quatre ans après sa découverte du plus haut niveau à Garmisch, deux ans après son apprentissage en accéléré à Schladming. Sa médaille de bronze, derrière l’Américain Ted Ligety et l’Autrichien Marcel Hirscher, est la deuxième en un an lors d’un grand rendez-vous après celle de Sotchi, déjà en géant. Elle doit le propulser vers des lendemains en or, le destin qui est lui promis depuis son arrivée extrêmement prometteuse sur le circuit.

A écouter les responsables du ski français, ce « Pintu » malade, diminué depuis le milieu de semaine et déçu de sa 5e place en super-combiné, va forcément utiliser ce contexte difficile pour s’affirmer encore un peu plus. « Il a réussi à faire une belle course et à se libérer de ses démons, se félicite Michel Vion, le président de la FFS. On n’avait pas été critique après le super-combiné. On avait simplement constaté qu’il n’avait été à son niveau, aussi bien en descente qu’en slalom. Aujourd’hui, il s’est battu. Ce n’était pas gagné. Il fallait skier très fort en deuxième manche et il l’a fait. »

« Il est quand même né pour gagner, ce garçon »

Une force de caractère que Fabien Saguez, le DTN, connaissait déjà. « C’est quelqu’un qui est profondément ancré dans la performance, explique-t-il. Il serre la mâchoire quand il n’est pas devant. Il est troisième, il est super content mais il ne vous dira jamais ce qu’il pense au fond de lui. Il est quand même né pour gagner ce garçon. Il va aller chercher ce que peuvent être Ted Ligety et Marcel Hirscher aujourd’hui, ce qu’il pourra être demain. » Pour Michel Vion, l’avenir appartient d’ailleurs sans doute à Alexis Pinturault.

« Il a tout pour être une grande star, estime-t-il. Il a le mental, la technique, le physique. Il y a Hirscher qui est devant lui, qui a deux ans de plus que lui. Sinon, ceux qui sont devant lui ont sept ou huit ans de plus. On peut espérer qu’il soit l’une des grandes stars dans les deux ans qui viennent. Maintenant, il faut gagner. Faire des médailles, c’est bien. Mais maintenant, il faut gagner des titres. Un titre mondial en 2017, pourquoi pas. Et les Jeux Olympiques en 2018. Après, ce sera un grand champion. » « Il a déjà deux médailles, glisse Fabien Saguez. Peut-être que dans dix ans, on se retournera et on verra qu’il en a dix, douze, quinze… » Le rêve deviendrait réalité.