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Mondiaux : Poisson, du bronze dans les filets bleus

David Poisson

David Poisson - -

David Poisson a réalisé la meilleure performance de sa carrière ce samedi en décrochant la médaille de bronze lors de la descente des Mondiaux. Il apporte une deuxième médaille à la France, après l'argent de Gauthier de Tessières.

Après Gauthier de Tessières, c’est David Poisson qui a écrit son histoire ce samedi à Schladming (Autriche). Et elle est belle. En neuf ans de carrière, jamais le skieur de Peisey-Vallandry n’était parvenu à grimper sur le podium d’une grande compétition. Mais les Français excellent dans l’exercice de la « course d’un jour ». David Poisson en a encore fait la démonstration en prenant la troisième place de la descente des Mondiaux, remportée par l’impérial norvégien Aksel Lund Svindal. Les descendeurs tricolores n’avaient d’ailleurs plus connu pareille performance depuis la médaille de bronze de Luc Alphand en 1996 à Sierra Nevada.

Souvent touché par des chutes et des blessures récurrentes au dos ou au genou, David Poisson possède malgré tout un mental d’acier. Et il n’a pas choisi le pire endroit pour être enfin récompensé. « C’est magnifique car David est quelqu’un qui a un cœur énorme, savoure Fabien Saguez, le DTN. Il est passé par des phases de galère mais il s’est accroché. Il a touché le fond de la piscine. Mais il est remonté, il s’est reconstruit, il n’a jamais rien lâché et puis, il est enfin récompensé. C’est quelqu’un de très robuste et très solide, mais il est très gentil et a le cœur sur la main. Il est généreux dans l’effort comme dans son ski. »

Vion : « Il faut garder beaucoup d’humilité »

Parti avec le dossard 13, « Kaillou » a fait parler son physique de colosse pour dompter la piste de la Planai. Impeccable sur le haut de la piste, le Savoyard se fait une grosse frayeur : après une faute d’intérieur, il est à deux doigts de perdre son bâton. Pendant plus d'une vingtaine de secondes, il ne s’affole pas et le récupère sans griller ses chances sur la piste. Un grand numéro d’équilibriste. « Avant, c’était peut-être un bourrin, mais c’est quelqu’un qui met du cœur dans son ski, reconnaît Adrien Théaux (10e). Il y va fort, avec beaucoup d’engagement. C’était un peu son péché mignon par le passé. Il a réussi à canaliser tout ça et à sortir un ski beaucoup plus propre. Ça donne des courses comme celle d’aujourd’hui. Bravo à lui. »

Avec déjà deux médailles, les Bleus foncent vers leur bilan des championnats du monde à Garmisch, où ils avaient raflé quatre médailles. Ils sont même en avance puisqu’aucune des épreuves de vitesse n’avait offert de breloque il y a deux ans. « Il faut garder beaucoup d’humilité, assure Michel Vion, président de la Fédération française de ski. Le sport de haut niveau se joue à pas grand-chose, à quelques centièmes. Depuis le début de saison, les Français ont montré qu’ils étaient présents sur chaque course. Une certaine confiance s’installe et quand on l’a, ça score ! » Pourvu que ça dure…