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Mondiaux : Rolland, histoire d’une reconstruction

Marion Rolland

Marion Rolland - -

Marion Rolland est devenue championne du monde de descente ce dimanche matin aux Mondiaux de Schladming. Trois ans après sa triste chute aux Jeux Olympiques de Vancouver, la Française peut oublier toutes les galères qu’elle a traversées.

Sacrée ce dimanche sur la descente de Schladming (Autriche), Marion Rolland a vu son destin basculer en l’espace d’une course. Une minute et cinquante secondes exactement. Le temps de devenir championne du monde, une première pour une descendeuse française depuis Marielle Goitschel en 1966. Une formidable récompense pour celle qui était, ce dimanche matin encore, plus connue pour sa triste chute dès les premiers mètres de la descente des JO de Vancouver en 2010 que pour ses performances. A l’époque, la Française n’avait d’ailleurs pas été épargnée.

Outre la gravité de sa blessure (rupture des ligaments du genou), la skieuse de Deux Alpes devient une véritable star… pas comme elle l’espérait. L’image de sa chute fait le tour des bêtisiers en tous genres et les médias se déchainent autour du malheur de la Tricolore. Des groupes Facebook ne ratent pas l’occasion de créer du buzz : « Pour que Marion Rolland passe sa première étoile avant les JO 2014 », « D'un point de vue technique, la poussée était bonne, on aurait aimé voir la suite...», ou encore « J’ai raté la descente olympique, Marion Rolland aussi ».

« Marion était la risée de tout le monde à Vancouver, reconnaît Fabien Saguez, DTN du ski français. Globalement, personne ne l’a épargnée. On ne décroche aucune médaille et finalement, c’est le point de départ de la réussite d’aujourd’hui. » Si l’idée d’arrêter sa carrière lui traverse l’esprit, Marion Rolland ne se préoccupe guère de l’acharnement qu’elle suscite et tente de se reconstruire. Avec le soutien de ses proches et de ses entraîneurs, elle retrouve le sourire sur le circuit Coupe du monde et décroche même, la saison dernière, les deux premiers podiums de sa carrière… à Schladming (2e en descente et 3e en super-G).

« Elle a su rebondir en se forgeant une carapace »

« Il y a trois ans, ça a vraiment été difficile, raconte son entraîneur, Nicolas Burtin. C’était une chute vraiment risible pour quelqu’un qui ne connaît pas le ski et les conséquences d’une telle blessure. Elle s’est victimisée à ce moment-là. Je lui ai fait comprendre que c’était normal que les gens interprètent cette chute comme ils l’ont fait. Elle a su rebondir en se forgeant une carapace. » Son cri de délivrance ce midi dans la station de Styrie a fait taire ses détracteurs. Au plus grand bonheur de Marielle Goitschel.

« Ce qui lui manquait, c’était le mental. Là, elle s’est dit que c’était sa journée, assure la double championne olympique. Elle a fait une course parfaite. C’est une belle revanche pour elle. Après les JO de Vancouver (2010), elle avait été critiquée. Mais ce n’est pas de sa faute ! Les imbéciles qui l’entouraient n’ont pas signalé qu’elle s’était fait les croisés. C’est dans l’adversité qu’on reconnait les champions. » En l’espace de trois ans, Marion Rolland s’est forgée un mental d’acier et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Ça tombe bien, l’année prochaine, elle retrouvera les Jeux Olympiques à Sotchi

Alexandre Mispelon avec Georges Quirino à Schladming