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Pinturault : "Encore un cap à franchir"

Invité du Super Moscato Show ce mercredi sur RMC, Alexis Pinturault est revenu sur sa saison 2015-2016, marquée notamment par six victoires en Coupe du monde. Le skieur français (25 ans) estime qu’il lui reste encore des progrès à effectuer avant de pouvoir disputer le gros globe à la légende autrichienne Marcel Hirscher.

Alexis Pinturault, comment expliquez-vous vos difficultés de début de saison, avant une fin en apothéose ?

Le début de la saison n’a pas été très bon. Je prends aussi une « boite » (lourde chute à Beaver Creek, ndlr) mais au début, je pense que je ne partais pas dans le bon état d’esprit. Je n’avais plus énormément d’envie sur les skis, donc forcément quand il y a un peu moins d’envie et de motivation derrière, ça se retranscrit et ça peut même pousser à des blessures plus graves.

Etait-ce dû à de l’appréhension ou à des problèmes techniques ?

J’ai eu des problèmes pendant la préparation sur le développement de mon matériel, je n’ai pas trouvé ce qu’il fallait rapidement. Derrière, c’était même compliqué. Ce qui fonctionnait l’année d’avant ne fonctionnait plus, allez savoir pourquoi, c’est assez étrange. Après, je commençais à être de plus en plus inquiet. Quand la première course est arrivée, je ne me sentais pas en pleine possession de mes moyens, que ce soit avec mon matériel ou par rapport à mon ski. Je me mettais de plus en plus de pression et je me faisais moins plaisir. C’était un peu un cercle vicieux.

Serez-vous le grand favori pour le gros globe de cristal la saison prochaine ou est-ce vous mettre trop de pression sur les épaules ?

Trop de pression, non, mais c’est peut-être s’enflammer un peu trop, surtout quand on sait que le grand favori restera Marcel Hirscher, qui a remporté cinq gros globes de suite. Et ce n’est pas pour rien. Ça restera le skieur d’exception. Le grand favori, ce sera lui. Je serai automatiquement un outsider. J’essaierai de prendre autant de plaisir que sur cette fin de saison. Il y a eu de très belles choses mais maintenant il faut le faire sur toute une saison, donc il y a encore un cap à franchir si on prend l’exemple de Marcel Hirscher.

« Killy est sur un piédestal »

Allez-vous plus axer votre travail sur le Super-G afin d’augmenter vos chances de gagner ce gros globe ?

C’est ce que j’avais tenté de faire cette année en faisant plus de Super-G. Mais après, je me suis vite rendu compte que ça devenait compliqué de les faire, d’être performant et sans perdre dans les disciplines qui me sont normalement fortes, à savoir le géant et le slalom. C’est ça qui est compliqué. Le calendrier permet de faire toutes les courses mais il ne permet pas réellement d’être aux avant-postes sur l’ensemble de ces courses-là.

Avec 15 victoires en Coupe du monde, vous êtes désormais le 2e Français le plus titré derrière Jean-Claude Killy (18). Quelle importance accordez-vous à ce record ?

Jean-Claude restera Jean-Claude. C’est dans l’histoire du ski quelqu’un de mémorable, en tout cas en France. Ce n’est pas n’importe qui qui est capable d’avoir trois médailles d’or olympiques, encore moins en ski alpin. Automatiquement, ça le place sur un piédestal. En plus, il a arrêté sa carrière extrêmement tôt, à 25 ans. Moi, j’espère continuer encore un peu.

Retenez-vous plus de cette saison les deux triplés français ou vos quatre victoires d’affilée en géant ?

C’est dur de choisir, surtout que je faisais partie de ces deux triplés (le combiné de Kitzbühel et le géant de Saint-Moritz, ndlr). Pour la performance individuelle, je dirais forcément mes quatre victoires de suite, mais allez, je vote pour la France et je dis les deux triplés !