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Pinturault, Théaux, Fanara… : le meilleur bilan bleu depuis 45 ans

Alexis Pinturault avec son petit globe du combiné

Alexis Pinturault avec son petit globe du combiné - AFP

Portées par les collectifs du slalom géant et de la descente, les équipes de France masculines de ski alpin ont signé leur meilleur bilan sur un hiver depuis 1971 avec 8 victoires et 25 podiums. Une réussite à nuancer par les mauvaises performances des équipes de France féminines, qui n’ont accroché que trois podiums sur l’hiver.

Le triplé français samedi sur le géant des finales de Coupe du monde, le second de l’hiver après celui du combiné de Kitzbühel (le précédent datait de... mars 1970 !), aura fait office de cerise sur le gâteau. Et quel gâteau ! Avec 8 victoires (6 de Pinturault, 1 de Théaux, 1 de Fanara) et 25 podiums, les équipes de France masculines auront signé un exercice 2015-16 historique. Le meilleur bilan depuis 1971. Une constance dans les performances de haut niveau magnifiée par les descendeurs et les géantistes.

Avec deux skieurs dans le top 10, trois dans le top 15 et cinq dans le top 20, les premiers ont fait montre d’une belle régularité collective renforcée par le succès d’Adrien Théaux à Santa Caterina (Italie). Avec quatre représentants dans le top... 6, les seconds auront fait encore plus fort pour confirmer leur statut de meilleure équipe de la planète géant. « On a des équipes, la descente et le géant, assez exceptionnelles en terme de densité, confirme Fabien Saguez, le DTN du ski français. En géant, on avait trois voire quatre garçons qui pouvaient jouer la gagne. C’est une grande différence par rapport aux autres années. »

« On peut gonfler les muscles, analyse Julien Lizeroux, meilleur slalomeur français de l’hiver (9e au classement de la spécialité) du haut de ses 36 ans. La saison des géantistes, c’est un truc de malade. Ils ont marqué 2000 points sur la saison, ça me troue le c... ! On a la meilleure équipe masculine au monde chez les descendeurs, les géantistes et sur le combiné. Maintenant, on a à travailler en super-G, en slalom et sur la nouvelle génération. Et puis, on était les chasseurs et on devient les chassés donc il faudra être très vigilant à ne pas se relâcher. C’est une saison exceptionnelle et ce ne sera pas toutes les années comme ça. Il faut en profiter, mais surtout repartir au travail. »

Saguez : « Pinturault, c’est notre Hirscher »

Pour continuer à progresser, les Bleus pourront placer leurs spatules dans les traces de celles d’un certain Alexis Pinturault. Auteur d’une impressionnante fin de saison avec six victoires malgré un début d’hiver difficile, le skieur de Courchevel termine pour la troisième année consécutive à la troisième place du classement général de la Coupe du monde. A 25 ans (ce dimanche), ''Pintu'' peut-il s’appuyer sur ces dernières semaines brillantes pour espérer combler son retard sur Marcel Hirscher, l’Autrichien aux cinq gros globes consécutifs (série record en cours) ?

« Les autres années, j’étais quand même moins loin de lui en terme de points à la fin de la saison, relativise celui qui a remporté le petit globe du combiné. Ce sera très dur parce que Marcel est très bon en géant et en slalom. Moi, pour le moment, je suis très bon en géant et en super combiné. Il n’y a pas suffisamment de combinés pour pouvoir rivaliser. En plus, il est de mieux en mieux en super-G. Il va vraiment falloir franchir un cap pour pouvoir rivaliser avec Marcel. » Et Saguez d’en dire autant mais avec un poil plus d’optimisme : « Oui, c’est notre Marcel Hirscher. En tout cas, c’est en train de se construire. Est-il encore loin de l’original ? En terme de régularité, oui. »

Lizeroux : « On a envie de booster les filles »

Pour boucler le bilan, reste à évoquer les équipes de France féminines. Avec seulement trois podiums (Nastasia Noens en slalom, Anne-Sophie Barthet en combiné, Taina Barioz en géant), elles ont beaucoup moins brillé, à l’image d’une Tessa Worley qui tarde à retrouver son meilleur niveau. Mais la légère amélioration par rapport au néant (aucun podium) de l’hiver dernier laisse poindre l’espoir. « Chez les filles, c’est en train de revenir », estime Saguez. « On a envie de booster les filles, enchaîne Lizeroux. Elles ont repris goût au podium cet hiver mais on a envie qu’elles y montent tous les week-ends et on est à fond derrière elles. » A ces dames de suivre la tendance.

Alexandre Herbinet avec Georges Quirino à Saint-Moritz (Suisse)