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Pinturault, la nouvelle star

Alexis Pinturault

Alexis Pinturault - -

Deuxième lors du premier Géant de l’hiver, Alexis Pinturault, 20 ans, nourrit déjà de grandes ambitions en Coupe du monde. On attend la confirmation de son immense talent dès ce week-end à Beaver Creek (Etats-Unis) et notamment dimanche sur le Géant.

Dans les arcanes du cirque blanc, il est déjà un phénomène de foire. Spectateurs, concurrents, coéquipiers, entraîneurs… Tout le monde pose un œil admiratif sur Alexis Pinturault, 20 ans seulement et très grand espoir du ski tricolore. A Sölden (Autriche), fin octobre, lors du Géant d’ouverture, seul Ted Ligety a pu le priver d’un premier triomphe. L’Américain, champion du monde de la spécialité, en est resté coi : « Il a sept ans de moins que moi et il m’a presque battu. Il est effrayant à regarder skier. » L’intéressé a lui aussi goûté l’entrée en matière : « C’est un début de saison incroyable. J’espère que ma première victoire est proche. » Plus grand monde n’en doute.

Dans le Tyrol autrichien, Pinturault s’est déjà hissé sur son deuxième podium de Coupe du monde. En mars dernier à Kransjka-Gora (Slovénie), il s’était révélé au grand public et à certains de ses futurs rivaux au terme d’une incroyable journée. Parti avec le dossard 34, 16e temps de la première manche, il a dévalé comme personne le second tracé pour ne voir que le Suisse Carlo Janka le devancer d’un bout de spatule (2’’). « Vingt ans, deux podiums, c’est fort. Il entraine les autres derrière lui. Il est déjà un moteur », apprécie Jean-Baptiste Grange.

Une victoire ce week-end ?

A quoi le skieur de Courchevel doit-il une telle précocité ? « Alexis est une exception dans sa manière de skier, dans son approche. Il gagne du temps par rapport aux autres sur sa mentalité », analyse David Chastan, l’heureux entraîneur des géantistes français. Avec Richard, Fanara ou Missillier, il possédait déjà un groupe de grande qualité que la présence de la perle de Moûtiers vient encore renforcer. « Il a beaucoup de maturité et il progresse rapidement », poursuit Chastan. Assez pour viser un globe dès cet hiver ? « Cette saison, ce n’est pas mon obsession, prévient humblement Pinturault. Mais oui, durant ma carrière, je veux gagner des globes et des médailles. »

Premier vainqueur français de la Coupe d’Europe, double champion du monde junior (2009 et 2011), son éclosion n’est qu’une demi-surprise pour ceux qui l’ont vu grandir. Un père hôtelier à Courchevel, une mère norvégienne, Alexis Pinturault vit depuis ses deux ans avec une paire de skis aux pieds. Au talent inné dont il est assurément pourvu, il a associé une incroyable propension au travail que ses entraîneurs sont parfois obligés de refréner. Sur la piste, l’engagement est total, les courbes tracées à la serpe. Dans la tête, aucun doute et une idée fixe : aller plus vite que les autres. D’une grande polyvalence, Alexis Pinturault ne va pas tarder à se montrer en slalom. Progressivement, il va aussi goûter aux épreuves de vitesse, dès ce week-end à Beaver Creek. Mais c’est bien sur le Géant, dimanche, qu’il est le plus attendu. Déjà.